Discrimination et SIDA

(mis à jour ce mercredi)

J’ai appris par hasard que le SIDA est le thème d’une énième « journée mondiale », prétexte à remue-ménage médiatique et cocktails. Oh, oui, bien sûr, on va entendre parler des malades du SIDA et de la maladie, mais pour entendre quoi cette année ? Que les malades sont victimes de discrimination… et qu’il faut faire du SIDA une « grande cause nationale »! La première discrimination serait celle de l’accès aux médicaments. Mais bien sûr! Les riches capitalistes blancs racistes ne veulent pas donner leurs médicaments aux pauvres noirs malades.
Sauf que c’est une simple question de priorité en Afrique. Il est facile et pas cher de guérir une coqueluche, une grippe, ou ce genre de maladies avec trois fois rien, alors que contrôler la prise de médicaments multiples dont les dosages doivent être raffinés à travers des analyses sanguines répétées, etc etc. Les trithérapies, c’est de la médecine de haute technologie. Heh ouais. Ca coute très cher. Ca réclame des spécialistes bien formés. Du personnel qualifié. Beaucoup de matériel. Pas à la portée des pays d’Afrique. Comme si demain on vous disait qu’il y a un droit à la chimiothérapie pour tous (y compris en Afrique donc). On manque d’infirmières en France. Et en Afrique d’après vous ? Donc les associations humanitaires préfèrent soigner des grippes et des infections lambdas que de soigner des SIDAs et des cancers, pour des taux de réussite minimas et un argent dépensé dingue. Rentabilité. On sauve plus de vies comme ça. Certes on préfèrerait les sauver toutes, mais il y a des ressources limitées… (voir aussi cet article: Lew Rockwell: SIDA en Afrique et celui-ci dans le Québécois Libre:Le mythe du SIDA en Afrique)

Passons maintenant à la France. L’association SIDA Infos Service a mené une enquête (auprès de combien de personnes ? Quelles étaient les questions ? quels étaient les critères ?…) auprès de malades qui à 64% (source 20 minutes) disent être victimes de discrimination (1).

Mais patatras: «  pour éviter d’en être victime, deux séropositifs sur trois s’auto-excluent […]« . Il est parfaitement compréhensible que des personnes vivants une telle épreuve peuvent être gravement déstabilisées, et se sentir complètement en décalage avec leur environnement. Cela est normal: ils vivent une épreuve que peu de gens peuvent partager, hormis d’autres malades gravement atteints (cancer par exemple). Nul doute que leur vie est entièrement changée au moment où ils apprennent la terrible nouvelle. Comment gérer cette situation ? Comment vivre avec une maladie « honteuse » ?
Sauf que dans le cadre de la victimisation des malades du SIDA ce chiffre fait tâche: si les auto-exclus sont les mêmes que ceux qui se disent exclus, il y a un petit hic. Ils sont exclus de leur propre chef, par leur propre comportement. Difficile alors de jeter le blâme sur une méchante société…

De quoi sont victimes ces malades ? elles se sont senties victimes de stigmatisation, discrimination ou exclusion dans leur vie privée et sociale. Vie privée ? cette discrimination survient […] auprès du partenaire sexuel dans 50% des cas. Plus précisément cela veut dire ? Que le partenaire décide de tirer un trait sur la vie sexuelle avec le malade ? N’est-ce pas là logique quand on connaît le mode de transmission de la maladie ?? Refuser des faveurs sexuelles à un malade c’est de la discrimination donc ? Concept intéressant…
D’ailleurs Jean-Luc Romero, interviewé dans le même numéro de 20 Minutes tient ces propos hallucinants: la tolérance vis à vis des personnes séropositives est en régression: seuls 15,3% des habitants d’Ile de France accepteraient d’avoir des relations sexuelles protégées avec une personne contaminée. Faut-il les forcer, M Romero, à avoir des relations sexuelles avec les malades du SIDA ?

D’autre part, au-delà des cercles privés, les malades du SIDA ont du mal à emprunter de l’argent aux banques ou à s’assurer. Forcément. De même que souscrire une assurance vie à 78 ans avec un coeur défaillant est difficile. Les assurances couvrent des risques, or en l’occurence le risque est déjà concrétisé, et les malades ont des espérances de vie réduites. Normal donc de refuser des prêts. Là encore la discrimination n’est que l’application du droit de propriété. Comme de refuser d’avoir une relation sexuelle avec un malade. Nul ne doit être forcé de s’associer avec un autre: ni sur le plan sexuel (on appelle ça… un viol), ni sur le plan financier (auquel cas c’est du vol).

Toute cette petite opération médiatique a un but précis: il faut des subventions pour les malades, des droits spéciaux etc. Jean-Luc Romero, malade du Sida lui-même (2) et conseiller régional UMP d’Ile de France, préconise même de faire du Sida une « grande cause nationale », aux côtés des handicapés, des accidents de la route et du cancer…
Bien sûr il y a un côté non négligeable de prévention via l’information, ce dont les associations tels Act’Up (si elle s’occupait d’autre chose que de politique…) pourraient s’acquitter, mais les principales mesures proposées sont d’un autre acabit: augmentation du nombre de places en appartements thérapeutiques, aide au retour à l’emploi. Donc en gros: subventions et passe-droits, encore une fois!

Jean Luc Romero, pour se faire entendre et « comprendre de la population » (3), a donc demandé un engagement symbolique fort au plus haut niveau de l’Etat, ce qui se traduit par un salaire élevé pour un ami agrémenté de cocktails et voiture de fonction, mission de coordination, observatoire de la mission, et comité de pilotage interministériel. Avec ce genre d’arguments il pourrait arriver à ses fins. Mais est-il vraiment certain que c’est en faisant des malades du SIDA une classe à part avec ses droits à elle, droits tirés sur le commun des mortels, qu’il va attirer sur eux la compassion du plus grand nombre ? Ne risque-t-il pas d’attirer sur eux l’opprobre (le raisonnement populaire dira qu’ils l’ont cherché…) ? L’Etat va-t-il comme d’habitude être à la hauteur ?

Une seule certitude dans tout cela: ce n’est pas en culpabilisant les bien-portants qu’on guérira les malades…

mise à jour: allez lire ce blog:matoo.net. Les gays ont des comportements EXTREMEMENT risqués…
Allez aussi lire ceci: les compagnies pharmaceutiques se désengagent de la recherche sur le SIDA par crainte de ne jamais recevoir de compensation pour le travail fourni! 1: A comparer aux 10% de femmes qui subissent des violences conjugales par exemple. Si les définitions sont aussi larges (violence conjugales = un mot plus haut que l’autre…), pas de problème pour trouver des victimes de discrimination: « il est passé devant moi chez le docteur » pourrait en faire partie…
2: je ne remets pas en cause sa sincérité de malade, sa volonté d’informer etc. Je parle uniquement des méthodes de politicien qu’il emploie pour arriver à ses fins…
3: vous savez, les cochons de payeurs…