Les politiciens sont justes et innocents

J’ai déjà évoqué le procès d’Alain Juppé, désormais l’heure est au « réquisitoire sévère contre Juppé et le RPR.[…]Certes, le procureur […] n’a pas requis contre lui de peine « infamante », comme l’ancien premier le craignait avant le procès: huit mois de prison avec sursis et une amende. Mais, sans réclamer d’inégilibilité, M. Grouman laisse planer une menace: une condamnation pour « prise illégale d’intérêt » entraînerait automatiquement sa radiation des listes électorales pendant cinq ans « 

Ainsi, le procureur a « surpris son monde. Moins par les peines demandées que par la sévérité de son réquisitoire, particulièrement à l’égard d’Alain Juppé.Intéressant: l’accusation est sévère, les peines demandées ne le sont pas. « C’est tout un système qu’a dénoncé l’accusation. » En gros, un système consistant à faire payer des permanents du RPR par des entreprises privées, en échange d’une « ouverture sur les marchés publics de la Ville de Paris ». Mais,chose intéressante, « l’accusation avait eu la gentillesse d’épargner M. Juppé de ce volet de l’affaire. »

De la gentillesse ! Depuis quand l’accusation fait elle preuve de gentillesse à l’égard des accusés ? Le citoyen Juppé est-il vraiment traité comme n’importe quel autre accusé, au pays de l’égalité ? Nous apprenons également que Juppé « [cumulait] à l’époque des fonctions de numéro deux du RPR (derrière Jacques Chirac) et de maire-adjoint de la Ville de Paris (derrière le même Chirac) » !

Il semble donc tout à fait logique et probable que Chirac ne pouvait être au courant de rien, et n’a donc rien n’à se reprocher. Sinon, bien sûr, il serait également jugé comme tout un chacun, au pays de l’égalité républicaine, non ?

Pour finir, nous apprenons que: « Alain Juppé s’en tirera sans doute mieux qu’Henri Emmanuelli, l’ex-trésorier du Parti socialiste, condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et deux ans de privation de doits civiques, pour une affaire assez semblable ».

Non, au PS aussi ? Décidement…