Veille de la propagande étatique et (forcément) étatiste : 100 titres sur la Citoyenneté A paraître en septembre, éditée par l’Association Pour La Diffusion De La Pensée Française, sous-division de la Division De L’Ecrit Et Des Médiathèques, elle-même division de la Direction De La Coopération Culturelle Et Du Français, elle-même sous-direction de la Direction Générale De La Coopération Internationale Et Du Développement, elle-même direction du Ministère des Affaires Etrangères, une petite brochure intitulée 100 Titres Sur La Citoyenneté, qui « propose une sélection de 100 ouvrages français de référence sur les questions contemporaines de citoyenneté, pour nourrir le débat d’idées et constituer ou renouveler les fonds documentaires ».
On y trouve notamment du Pierre Bourdieu, Jacques Derrida (2 fois), Régis Debray (2 fois), Etienne Balibar (un marxiste, 2 fois), Albert Jacquard (le « gentil » et niaiseux abruti super-égalitariste), Paul Virilio (un intello/sociologue/ »philosophe » à la française qui dénonce notamment, avec le courage caractéristique du rebelle institutionnel, le « totalitarisme informatique » et le « colonialisme cybernétique »…), Jean-Claude Guillebaud (voir à son sujet Un Goût De Cendres de Guy Millière) et Sylviane Agacinski (la femme de LionelÂ…) etc. Pas mal non ? Ils sont vraiment forts les gars !
Bon allez on ne va pas nous-mêmes faire de propagande et on va préciser qu’il y aussi, en minorité cela dit, des gens un peu moins « graves » et un peu plus sérieux (Pierre Manent, Jean Baechler, Marcel Gauchet, Luc Ferry, Bernard Manin et quelques autres). Mais bon, il suffit d’un Bourdieu et le mal est fait… P.S. : « cette brochure est disponible gracieusement sur demande ». Ah qu’ils sont généreux ces gentils « serviteurs de l’Etat »…
c’est gentil de leur part, mais ce n’est pas la peine de gaspiller autant d’argent pour prouver au monde qu’il n’y a plus de pensée française… on est au courant. C’est comme pour la littérature: peut-être que, comme Kafka, les grands auteurs actuels écrivent dans la solitude, et que l’on ne lira leurs oeuvres que dans 20 ou 30 ans, des années après que l’on se soit enfin débarrassés de cette social-démocratie qui étouffe aussi les Arts.
Ce qui m’a intéressé dans ce post, ce n’est pas la brochure en elle-même: une brochure inepte de plus ou de moins… mais c’est l’empilement de directions et de sous-directions, qui correspondent à autant de personnes fois 5 ou 10, et à autant de doublons, sans compter le fait primordial que l’Etat ne devrait pas avoir à se mêler de pensée française. Un beau maquis bureaucratique où l’argent public doit disparaître comme la rosée par une matinée d’été ensoleillée.
Quand j’ai commencé à lire ce post, j’ai cru que le nom de l’association était une blague. Ben non.
Eric, vous êtes trop gentil. L’information que vous donnez est exemplaire de l’entreprise de décervellement que les socialo-communistes n’ont jamais fini de mener en France et des moyens illimités dont ils disposent car ils sont stipendiés directement ou indirectement.
Vous avez raison d’insister sur les noms que vous citez, mais la démarche éditoriale n’est pas mal non plus :
Direction de lÂ’ouvrage
Jacques GUIN, … a présidé au ministère
de l’Éducation nationale plusieurs Groupes
dÂ’experts sur les Programmes scolaires et coordonne
la conception de la formation à la citoyenneté
dans les lycées (ECJS).
Rédaction
entre autres
Jacqueline GAILLARD, … membre du Groupe dÂ’experts
sur les Programmes scolaires d’Éducation civique
juridique et sociale (ECJS).
Michèle VERDELHAN, professeur des universités
en sciences du langage à l’IUFM et à l’université
Paul Valéry-Montpellier III.
C’est quoi « coordonner la conception de la formation à la citoyenneté dans les lycées (ECJS). », « les Programmes scolaires d’Éducation civique juridique et sociale (ECJS). » ? Que viennent faire les « sciences du langage » ?
Réponse : c’est oser écrire, sans sourciller dans l’introduction que j’ai lue en diagonale : « …depuis l’échec politique, et surtout idéologique, des fascismes et des communismes, cÂ’est-à -dire des grands projets dÂ’organisation du monde social qui contestaient radicalement ce qui était qualifié de « démocratie bourgeoise », nous sommes entrés dans un nouveau monde. La chute du mur de Berlin et l’écroulement des illusions qui avaient alimenté la foi dans un autre mode dÂ’organisation politique ont brusquement changé la donne. »
Décidément, ils n’ont rien appris et ils sont têtus. Mais les faits seront plus têtus qu’eux.
juste un symptôme de la dérive de l’Education Nationale: plutôt que de transmettre des connaissances, elle préfère s’occuper de ce qui ne la regarde pas, à savoir bourrer les crânes. Toujours cette inquiétude provoquée par l’abstentionnisme et le mépris du politique: plutôt que de se réformer, les sociaux-démocrates essaient d’amener les nouvelles générations à collaborer. Un régime bureaucratique et technocratique est incapable de se remettre en cause: comment des objets peuvent avoir raison ? Après, même si les intitulés ont l’air inquiétants, et le seraient au sein d’un régime totalitaire classique, il faut penser que ce ne sont que des bidules post-modernes, inefficaces en tout, des sinécures qui servent à éponger le fric en échange d’une prose indigeste mais heureusement rare. Les seules conséquences, mais pas des moindres, de ces bidules, c’est l’indigence de la formation des professeurs, une Education Nationale qui en ne transmettant plus connaissances aggrave la panne de l’ascenceur social par l’illetrisme, un art que le monde nous envie de la statistique truquée (je fais référence à un rapport que je n’ai pas là où je suis mais que je peux retrouver à partir de la semaine prochaine), et surtout, surtout, des jeunes générations de plus en plus cyniques.
Une Association pour la diffusion de la pensée française ? Ça existe ça ? Il faudrait donc une association pour diffuser LA pensée française, la seule, l’unique, celle qui vaille ? Quel est le montant des subventions de cette association au but si grandiose ? Comme si les Montesquieu, les Voltaire et autres Diderot avaient eu besoin d’une association pour diffuser leur pensée ! Et tout ça pour véhiculer la notion de citoyenneté ! Je croyais que c’était l’Éducation nationale qui s’occupait de ça : former des citoyens à penser dans le bon sens, celui de l’État. Il y aurait donc des couacs ? Tout le monde ne penserait pas comme il faut ? C’est étonnant.
Emma
[Albert Jacquard (le « gentil » et niaiseux abruti)]
Albert Jacquard, né à Lyon le 23 décembre 1925, est un scientifique et essayiste français. Il est généticien et a été membre du Comité national d’éthique.
Albert Jacquard consacre l’essentiel de son activité à la diffusion d’un discours humaniste destiné à favoriser l’évolution de la conscience collective.
Bibliographie :
Éloge de la différence (1981) ;
Moi et les autres (1983) ;
Cinq milliards d’hommes dans un vaisseau (1987) ;
Abécédaire de l’ambiguité (1989) ;
Voici le temps du monde fini (1991) ;
Un monde sans prisons ? (1993) ;
Petite philosophie à l’usage des non philosophes (1997);
L’équation du nénuphar (1998);
A toi qui n’est pas encore né (1998);
Le souci des pauvres (1998) ;
J’accuse l’économie triomphante (2000) ;
La science à l’usage des non-scientifiques (2003) ;
Dieu ? (2003).
Tentative de lucidité : recueil de quelques-unes des chroniques diffusées sur France Culture (2003).
Halte aux jeux ! (2004).
Franchement le B A BA de l’abécédaire tu devrais mesurer tes propos vis à vis de quelqu’un dont tu n’as pas à suivre la pensée mais dont tu peux tout de même considérer qu’il mérite le respect du à son age et à son érudition.
http://archet.net/cgi-bin/histoire/story.pl?next=176&chapter=7
J’ai lu « La science à l’usage des non-scientifiques », où il pseudocritique l’Education Nationale, mais ne fait pas vraiment plus différent ou accessible. Bref, rien de très respectable.
Je viens de lire ceci : http://www.philo5.com/Mes%20lectures/Jacquard,%20J'accuse%20l'economie%20triomphante.htm.
Vraiment pas scientifique, mais alors pas du tout.
On devrait respecter quelqu’un qui fait preuve de malhonnêteté intellectuelle, alors qu’en tant que Grand Scientifique, il devrait l’éviter ? Albert, tu es un petit caca, et je tire la chasse.
« Albert Jacquard consacre l’essentiel de son activité à la diffusion d’un discours humaniste destiné à favoriser l’évolution de la conscience collective. »
C’est quoi la conscience collective ?
« Vraiment pas scientifique, mais alors pas du tout. »
Il fait pas de la science (n’en a jamais beaucoup fait) mais de la (mauvaise) philosophie ou, pour être plus précis, de la moralisation à l’usage des masses.
Piètre scientifique et piètre philosophe. L’imposteur type.
Pas mal votre article Eric ABC. Le lien vers l’article de Christian Michel est intéressant aussi.
Réponse au message d’El Nino du lundi 09 Août 2004 à 23:33:51
Je reconnais que ma description lapidaire d’Albert Jacquard n’est
formellement pas courtoise. Je ne condamne pas l’homme
absolument, je ne lui veux pas de mal, je ne lui souhaite pas le
malheur ici-bas ni la damnation éternelle… En revanche je
souhaiterais qu’il se taise (en public), qu’il cesse de publier
articles et livres stupides. Je pense en effet que ses idées
fausses et nocives – voir les commentaires de mes petits
camarades –, complaisament relayées par le réseau médiatique
et éditorial francophone, ont fortement contribué et continuent de
contribuer à l’abrutissement, à la régression intellectuelle et plus
généralement au malheur justement (ou en tout cas au mal-être)
de millions d’êtres humains et en particulier de beaucoup de
Français…
si Jacquard vend des bouquins, tant mieux pour lui, c’est qu’il correspond à une demande du marché (essentiellement lors de la période des fêtes, je crois bien). Après, quand je vois ce que peuvent raconter ou faire Debray et Derrida, je me sens blasé.
Une exégèse bien faite de notre homme
http://www.clubdelhorloge.fr/lyssenko_1990jacquard.php
Bonjour Nyarlathotep,
Albert Jacquard, on en rigole, tellement c’est gros, tellement c’est décodé tout de suite. Derrida est un peu comme un nouveau Lacan. On n’y comprend rien mais c’est fait pour ça. Quant à Debray, je le trouve quelque fois amusant. Il ne me semble pas dupe de la mascarade : « Le débat, dans les milieux bien informés, consiste la plupart du temps à discuter de façon très informée de choses qui n’existent pas. » dit-il par exemple dans Loués soient nos seigneurs.
Vous évoquiez samedi un rapport sur des statistiques truquées. Avez-vous remis la main dessus ?
Emma
« Albert Jacquard, on en rigole, tellement cÂ’est gros, tellement cÂ’est décodé tout de suite. »
Nyarla, Emma et les autres:
C’est bien sympathique vos prises de position les amis, mais faudrait pas oublier que :
1 – Albert Jacquard est un double docteur en génétique et en mathématiques triplé d’un ingénieur
2 – un type qui a deux doctorats plus des titres honoris causa est moins con que ceux qui n’en ont pas
3 – vos attaques sont du type ad hominem : aucun fondement ni rien. Si vous voulez discuter de la génétique des populations (cf les races) ou de tout autre chose qu’il a étudié, allez-y balancez les arguments.
4 – Le club de l’horloge est bien marrant, bien marrant (c’est gratuit mais c’est ce que je pense).
5 – le prix lyssenko est selon le club de l’horloge un canular… canular par lequel ils font passer un message qui leur convient. Soit, mais de grâce faites un peu plus que quelques paragraphes…
6 – prendre une phrase et en tirer un discours est ridicule surtout quand on parle de génétique. Mais au dela des livres de vulgarisation scientifique, qui a lu un article signé ou co-écrit par Albert Jacquard (et traitant de génétique ou de maths) ? Il n’en est fait mention nulle part !
7 – écrire et dire quelque chose, surtout quand il s’agit de sciences dures et de sciences molles est vital. Et ce même s’il s’agit de grosses conneries. Pourquoi ? parce que ca permet de se forger une opinion plus juste de la réalité ! En science, ce n’est pas celui qui est le plus médiatique, ni celui qui crie le plus fort qui est écouté, mais celui qui par la justesse de ses arguments et par la preuve de ses expériences peut prouver ses théories.
Bon c’est vrai que Jacquard fait un peu « père la morale » mais j’ai eu l’occasion d’écouter ses chroniques sur F. Culture. C’était toujours intéressant.
Il n’est pas libéral ? Et alors ? Défend il pour autant l’état totalitaire ?
(Rem: je n’indique que les numéros comme référence pour des raisons de place)
> 2
Disons qu’obtenir de tels diplômes est le signe de capacités intellectuelles de haut niveau, ET d’excellente adaptation au système éducatif en vigueur.
> 3 et 6
Je crains que vous ne posiez le problème à l’envers : le problème n’est pas les opinions de Jacquard sur tel ou tel sujet où il serait compétent, mais ses interventions extraordinairement médiatisées sur des sujets auquel, dans la meilleure des hypothèses, il ne connait strictement rien. Voyez par exemple http://www.douance.org/complements/jacquard.htm qui date de 1997.
Pour aller plus loin dans l’analyse scientifique du discours de Jacquard, les deux liens suivants concernent un autre chercheur, qui tenait* à peu près les même discours que Jacquard, et mes réponses : http://www.evoweb.net et http://www.douance.org/qi/duyme.htm
* on m’a affirmé que Michel Duyme a totalement changé de discours depuis cette époque, à vérifier
> 7
Tout à fait d’accord. Mais le problème précis est que quand quelqu’un écrit quelque chose, ses écrits ne doivent pas être systématiquement transformés par des personnes plus médiatiques, qui entraînent dans leurs erreurs (mensonges ?) de nombreux autres chercheurs. Exemple : j’ai reçu il y a trois jours un mail d’un prof de fac (Europe) qui me reprochait de citer des travaux « d’extrême droite » … comme ceux du minarchiste Charles Murray ! Visiblement, ce prof n’avait jamais lu Murray, mais seulement ce que la presse en avait raconté… et ce n’est pas le prof qui est à blâmer.
[Mais le problème précis est que quand quelqu’un écrit quelque chose, ses écrits ne doivent pas être systématiquement transformés par des personnes plus médiatiques, qui entraînent dans leurs erreurs de nombreux autres chercheurs.]
Je te propose de créer une commission de censure empéchant les médias de colporter des mensonges ou des erreurs.
[ce n’est pas le prof qui est à blâmer]
Evidemment que si !!!
En tant que libéral ton discours sur ces deux points est choquant puisqu’il propose l’usage de la censure et refuse la responsabilité d’un individu sur ses propos.
« Disons qu’obtenir de tels diplômes est le signe de capacités intellectuelles de haut niveau, ET d’excellente adaptation au système éducatif en vigueur. »
Selon vous a-t-il obtenu ses diplômes par la force de son discours politique ou par l’excellence de ses résultats scientifiques ?
« Je crains que vous ne posiez le problème à l’envers : le problème n’est pas les opinions de Jacquard sur tel ou tel sujet où il serait compétent, mais ses interventions extraordinairement médiatisées sur des sujets auquel, dans la meilleure des hypothèses, il ne connait strictement rien. [Â…] »
Cher Monsieur G,
1 – Je m’adressais à des intervenants qui ne montrent absolument aucun respect à un homme qui, même si son discours scientifique et politique peut et doit être discuté, reste tout de même un individu exceptionnel.
2 – Je cite » On devrait respecter quelqu’un qui fait preuve de malhonnêteté intellectuelle, alors qu’en tant que Grand Scientifique, il devrait l’éviter ? Albert, tu es un petit caca, et je tire la chasse. » et » Il fait pas de la science (n’en a jamais beaucoup fait) mais de la (mauvaise) philosophie ou, pour être plus précis, de la moralisation à l’usage des masses.
Piètre scientifique et piètre philosophe. L’imposteur type. »
Il n’y a aucune analyse scientifique, juste une réaction émotionnelle sans fondement, sans critique scientifique ni politique.
Au contraire je respecte le commentaire d’Eric ABC ainsi que vos critiques, monsieur G. parce qu’elles se fondent sur autre chose qu’une vulgaire appréhension du bonhomme: Eric critique la tendance égalitariste de l’individu et vous de certains dires du scientifique.
« Mais le problème précis est que quand quelqu’un écrit quelque chose, ses écrits ne doivent pas être systématiquement transformés par des personnes plus médiatiques, qui entraînent dans leurs erreurs (mensonges ?) de nombreux autres chercheurs. »
Mais comment reconnaître la vérité scientifique de l’erreur si ce n’est en confrontant les idées ? Il me semble qu’a moins d’être, ou de croire être, supérieurement intelligent seul le temps et les expériences permettent de valider ou d’infirmer telle ou telle hypothèse. (et je ne parle pas de la précipitation très courante chez les sciences ou les domaines « jeunes »)
J’ajouterai que pour les sciences humaines, il est difficile de pouvoir faire des études puisque le sujet n’est autre que l’homme. De facto, la moindre erreur peut se trouver un écho bien plus important qu’imaginé auprès de la population et des politiques. Ceci ajouté à cela peut transformer n’importe quelle étude en un mélange détonant: on peut faire le parallèle avec les études plus ou moins controversées du GIEC et des experts environnementaux.
> En tant que libéral ton discours sur ces deux points est choquant puisqu’il propose l’usage de la censure et refuse la responsabilité d’un individu sur ses propos.
Non :
#1 : Je ne propose rien, mais dénonce juste un énorme problème qui est celui de la manipulation médiatique dans les annonces des travaux scientifiques. Les exemples de ce qu’ont vécu Charles Murray (pour « The Bell Curve ») et Christopher Brand (pour « The g Factor » : http://www.douance.org/qi/brandlivre.htm) sont suffisamment évidents pour le montrer.
#2 : Dans un monde idéal, un chercheur devrait se plonger systématiquement dans les sources et être étanche à ce type de propagande. Mais voilà : il est temporellement impossible de lire tous les articles de tous les domaines, y compris de ceux qui n’ont qu’un rapport lointain avec le sien et il est nécessaire de se fier, au moins partiellement, aux rapports qui en sont faits par la presse.
#3 : Plutôt que de proposer des commissions j’ai utilisé les moyens à ma disposition pour essayer de contrer la propagande et passé des mois et des mois à monter des sites de vulgarisation scientifique en accès libre(http://www.douance.org (depuis 1997) et http://www.evopsy.org (depuis 1998)), à rédiger deux livres accessibles au grand public (dont un en collaboration avec le spécialiste français du domaine) et à traduire pour les non anglophones un livre scientifique.
>Selon vous a-t-il obtenu ses diplômes par la force de son discours politique ou par l’excellence de ses résultats scientifiques ?
Par « adaptation », je ne parlais pas d’orientation politique (même si celle-ci joue au niveau universitaire) mais d’adaptation générale au système scolaire. On sait qu’il y a beaucoup de gens qui présentaient des capacités de départ de même niveau ou supérieures à celles de Jacquard qui ont totalement échoué dans le système scolaire.
> Mais comment reconnaître la vérité scientifique de l’erreur si ce n’est en confrontant les idées ?
Tout à fait d’accord, mais encore faut-il que ce soient bien les idées exprimées qui soient confrontées, pas une représentation déformée de celles-ci, et que chaque coté ait le droit d’exprimer ses hypothèses : on ne peut comparer deux tableaux que si le transporteur ne les a pas recouverts de peinture et qu’il a eu le droit de les transporter tous les deux.
(…suite : message suivant)
J’ajouterai que (…) environnementaux.
En effet, les sciences humaines posent des problèmes épistémologiques beaucoup plus importants que les sciences dures ET, contrairement à beaucoup de ces dernières, offrent souvent des résultats directement applicables au niveau politique. La question de choisir s’il vaut mieux appliquer ces découvertes ou attendre un demi siècle ou plus qu’elles soient bien validées est une question très difficile, et on ne sait jamais ce qui est le plus prudent.
Exemple : l’amélioration de la médecine et de l’alimentation deuxième moitié du XX° a entraîné une chute de la mortalité infantile dans de nombreuses régions du monde, laquelle a mathématiquement transformé la pyramide des âges, et donc fortement accru le risque de conflits (guerres, émeutes, …). Aurait-il mieux valu ne pas proposer ces connaissances médicales à ces populations par prudence ? Face à ce problème, les Chinois ont mis en place une politique de chute de la natalité qui a comme effet pervers de transformer le sex-ratio à la naissance, et donc l’Operational Sex Ratio (âge d’accouplement), avec là -aussi des risques importants de conflits. Ont-ils eû tort ? Sur quels critères peut-on juger ? Ne pas agir n’aurait-il pas été aussi une forme d’action ?
Pour en revenir à Jacquard, ses interventions sur le QI et la douance ne consistaient pas en une présentation d’une approche scientifique, débattable, mais en l’utilisation d’attaques ad hominem pour essayer de décrédibiliser les approches scientifiques. Peut-être considérait-il que, par prudence, il ne faut pas que la population soit informée, pour éviter tout risque d’application des découvertes. Possible. Mais de toute façon il ne s’agissait pas de science, mais de politique, et l’argument que les diplômes de Jacquard devraient lui donner du crédit ne tient dès lors plus.
« On sait qu’il y a beaucoup de gens qui présentaient des capacités de départ de même niveau ou supérieures à celles de Jacquard qui ont totalement échoué dans le système scolaire. »
Ouais, à croire Richard M., Einstein est un zozo et Jacquard un génie, parce que y’en a un qui n’aimait pas l’école et l’autre qui a plein de diplômes.
En plus, ce que l’on critique surtout chez Jacquard c’est qu’il parle de choses qu’il ne connaît pas ou peu (la philosophie entre autres) et il est donc très puéril.
Dans son domaine, là où il devrait se décarcasser, il n’a par contre pas produit grand chose. Il a surtout été un gestionnaire et un apparatchik du monde de la recherche.
Pour ce qui me concerne, l’intelligence ne se mesure pas au nombre de diplômes qu’on a acquis à l’université. Et même si les diplômes délivraient de l’intelligence dans un domaine précis, en quoi cela autoriserait-il celui qui les a reçus à s’exprimer sur tout et à moraliser sur la société. Et une idée fausse est une idée fausse, qu’elle soit énoncée par un abruti ou par un diplômé des Hautes Écoles de la République. Cela ne peut impressionner que les gens du commun qui ont un profond respect pour les spécialistes et font toujours crédit aux experts. Les diplômes délivrés pour sanctionner tel ou tel type de connaissance n’indiquent pas que vous soyez à même de comprendre tout le reste. Je connais une personne qui est une sommité dans le domaine de la mécanique des fluides et qui est une nullité par ailleurs. Que cette personne émette un avis sur autre chose et l’étendue de sa bêtise éclate au grand jour !
Lisez Raymond Ruyer* : « Une idée fausse ne fait pas saigner le cerveau qui la conçoit. Faire de la fausse monnaie “culturelle” n’est pas puni de prison. Des plans d’urbanisme, d’économie dirigée, de techniques ultramodernes, en pédagogie ou en politique, improvisés dans l’euphorie intellectuelle, ne ruinent pas leurs auteurs. Elles ne ruinent que les générations suivantes.»
Emma
*Les Nuisances idéologiques, 1971
« comme longborg …… »
comprends pas. il connaît pas l’écologie? ou autre chose?
gonzolo.
le pleutre an. fait allusion à une précédente discussion que vous trouverez ici.
Lomborg, et non « longborg » a mis en colère pas mal d’écologistes qui n’ont même pas pris la peine de lire son bouquin avant de vomir dessus: pour preuve, il ne savent même pas orthographier son nom.
Pour ce qui me concerne, l’intelligence ne se mesure pas au nombre de diplômes qu’on a acquis à l’université. Et même si les diplômes délivraient de l’intelligence dans un domaine précis, en quoi cela autoriserait-il celui qui les a reçus à s’exprimer sur tout et à moraliser sur la société. Et une idée fausse est une idée fausse, qu’elle soit énoncée par un abruti ou par un diplômé des Hautes Écoles de la République. Cela ne peut impressionner que les gens du commun qui ont un profond respect pour les spécialistes et font toujours crédit aux experts. Les diplômes délivrés pour sanctionner tel ou tel type de connaissance n’indiquent pas que vous soyez à même de comprendre tout le reste. Je connais une personne qui est une sommité dans le domaine de la mécanique des fluides et qui est une nullité par ailleurs. Que cette personne émette un avis sur autre chose et l’étendue de sa bêtise éclate au grand jour !
Lisez Raymond Ruyer* : « Une idée fausse ne fait pas saigner le cerveau qui la conçoit. Faire de la fausse monnaie “culturelle” n’est pas puni de prison. Des plans d’urbanisme, d’économie dirigée, de techniques ultramodernes, en pédagogie ou en politique, improvisés dans l’euphorie intellectuelle, ne ruinent pas leurs auteurs. Elles ne ruinent que les générations suivantes.»
Emma
*Les Nuisances idéologiques, 1971
« Ouais, à croire Richard M., Einstein est un zozo et Jacquard un génie, parce que y’en a un qui n’aimait pas l’école et l’autre qui a plein de diplômes. »
Cher Gonzo, les deux Albert que vous citez sont des personnes respectables, qui n’ont pas le même parcours, certes, mais qui ont un point commun : vouloir dépasser leur science et promouvoir un idéal politique. Une recherche rapide de la biographie du premier Albert et du second vous montrera que même au niveau de leur science, chacun des deux Albert a lutté contre des visions scientifiques qu’ils ne partageaient pasÂ…
« En plus, ce que l’on critique surtout chez Jacquard c’est qu’il parle de choses qu’il ne connaît pas ou peu (la philosophie entre autres) et il est donc très puéril. »
Mon cher ami, je ne suis pas un expert politique et pourtant j’en parle, vous et Emma de même. Nous émettons tous des critiques sur des sujets que nous ne maîtrisons pas en totalité.
« Dans son domaine, là où il devrait se décarcasser, il n’a par contre pas produit grand chose. »
Qu’en savez-vous ?
« Il a surtout été un gestionnaire et un apparatchik du monde de la recherche. »
C’est le problème des directeurs de rechercheÂ… ils ne passent pas nécessairement autant de temps à la paillasse pour mener des études, ils se concentrent sur une activité managériale afin de guider leurs équipes respectives. Les publications et les collaborations scientifiques sont là pour attester de la véracité de mes propos.
« Pour ce qui me concerne, lÂ’intelligence ne se mesure pas au nombre de diplômes quÂ’on a acquis à lÂ’université. »
Et pourtant je suis presque certain qu’il existe une certaine corrélation entre les capacités cognitives et le niveau d’études. Je pense que Mr G pourra confirmer ou infirmer mon affirmation.
« Et même si les diplômes délivraient de lÂ’intelligence dans un domaine précis, en quoi cela autoriserait-il celui qui les a reçus à sÂ’exprimer sur tout et à moraliser sur la société. »
Suivant votre raisonnement, je vous invite à vous taire sur tous les sujets que vous ne maîtrisez pas !
« Et une idée fausse est une idée fausse, quÂ’elle soit énoncée par un abruti ou par un diplômé des Hautes Écoles de la République. »
Je vous rappelle ce que vous avez écrit : « Il fait pas de la science (n’en a jamais beaucoup fait) mais de la (mauvaise) philosophie ou, pour être plus précis, de la moralisation à l’usage des masses. Piètre scientifique et piètre philosophe. L’imposteur type. »
Je ne vois nulle part de critiques scientifiques de votre part sur les écrits du Professeur Jacquard. Monsieur G. s’est bien décarcassé pour démontrer les approximations grossières de certaines études scientifiques et de certains dires, j’attends de même de votre part. Partant de ce point, je me permet de vous dire madame que vos propos étaient des plus grossiers. Dans la veine de Nyarla mais en un peu plus soft.
« Cela ne peut impressionner que les gens du commun qui ont un profond respect pour les spécialistes et font toujours crédit aux experts. »
Alors faisons confiance à José « mort au maïs » Bové et à Noël « élargissons le cercle de nos amis » MamèreÂ… Non, madame Emma tout n’est pas si tranché : les experts peuvent se tromper parfois mais les non experts n’ont pas nécessairement plus d’informations pour les aider à prendre la bonne décision. L’histoire de la science le rappelle régulièrement.
« Les diplômes délivrés pour sanctionner tel ou tel type de connaissance nÂ’indiquent pas que vous soyez à même de comprendre tout le reste. »
Vous proposez quoi alors ? La censure ?
« On sait qu’il y a beaucoup de gens qui présentaient des capacités de départ de même niveau ou supérieures à celles de Jacquard qui ont totalement échoué dans le système scolaire. »
J’adhère totalement.
« La question de choisir s’il vaut mieux appliquer ces découvertes ou attendre un demi siècle ou plus qu’elles soient bien validées est une question très difficile, et on ne sait jamais ce qui est le plus prudent. »
Il me semble que la précipitation des politiques dans ce domaine est liée à leur intérêt personnel.
« Pour en revenir à Jacquard, ses interventions sur le QI et la douance ne consistaient pas en une présentation d’une approche scientifique, débattable, mais en l’utilisation d’attaques ad hominem pour essayer de décrédibiliser les approches scientifiques. »
Vous remarquerez que vous êtes le seul ici a avoir discuté de l’approche du Professeur Jacquard par rapport à un domaine qu’il ne maîtrise pas dans son ensemble ! Ma critique des commentaires des autres loustics était que leur commentaire était purement insultant, niant même les capacités du scientifique dans tous les domaines y compris ceux qu’il maîtrise.
« et l’argument que les diplômes de Jacquard devraient lui donner du crédit ne tient dès lors plus. »
J’ai bien peur qu’il y ait un malentendu, mon premier commentaire dans ce fil était relié aux attaques ad hominem de Nyarla et de Emma. Mon but n’est pas et n’a pas été de donner un crédit illimité à un individu mais de rendre un peu de respect à un homme de sciences.
J’allais oublier de dire quelque chose :
un titre de doctorat n’est pas un diplôme obtenu à partir d’une épreuve standard mais la reconnaissance de l’excellence de 3 ans ou plus de travaux scientifiques.
Il en est de même pour passer l’habilitation à diriger des recherches, et tout autant pour devenir Professeur.
Richard M. le Jeudi 12 Août 2004 à 20:58:07 :
>Et pourtant je suis presque certain qu’il existe une certaine corrélation entre les capacités cognitives et le niveau d’études.
Oui oui, il y a bien une corrélation, à tel point que le diplôme est utilisé (consciemment ou non) dans un recrutement en tant que proxy du QI. Sauf « discrimination positive » basée sur un critère ou un autre, aucun bas QI ne peut avoir un haut diplôme ; mais il y a aussi un certain nombre de « déchets » (ie: personnes ayant toutes les compétences requises mais détruites par l’école). En règle générale (approximation grossière !) on considère que la moyenne des étudiants du premier cycle est d’un écart-type au dessus de la moyenne de la population du pays considéré, et celle des étudiants du troisième cycle à 3 écart-types (pour la France ça donne un peu moins de 115 au premier cycle et un peu moins de 145 au troisième).
Vous trouverez divers chiffres concernant le QI Ã http://www.douance.org/qi/qicorrel.htm (voir http://www.douance.org/qi/intelligence.htm pour les relations entre le QI et l’intelligence)
A Richard M.
1. Vous reprenez des propos tenus le Mardi 10 Août 2004 à 11:10:12 par Gonzolo : « Il fait pas de la science (n’en a jamais beaucoup fait) mais de la (mauvaise) philosophie ou, pour être plus précis, de la moralisation à l’usage des masses. Piètre scientifique et piètre philosophe. L’imposteur type. », vous les qualifiez de grossiers et vous me les attribuez.
S’il vous plait, rendez à César… Je l’ai échappé belle, un peu plus et je me disqualifiais encore un peu plus à vos yeux. J’en aurais été désolée.
2. JÂ’ai lÂ’impression que vous vous trompez dÂ’adversaire sur ce site. Vous dites : « je ne suis pas un expert politique et pourtant j’en parle, vous et Emma de même. Nous émettons tous des critiques sur des sujets que nous ne maîtrisons pas en totalité. » Je vous réponds : heureusement que nous ne maîtrisons pas tous les sujets en totalité sinon il nÂ’y aurait plus de communication possible entre nous, tout le monde serait omniscient et il nÂ’y aurait rien à discuter. Nos divers degrés de connaissance nous permettent de nous entretenir la plupart du temps courtoisement de choses et dÂ’autres et principalement du libéralisme qui nÂ’est pas une doctrine politique.
3. Je n’ai rien contre le professeur Jacquard personnellement. C’est peut-être quelqu’un d’éminent mais il m’apparaît qu’il utilise sa position sociale éminente pour faire passer au travers des médias un message égalitariste et anti-libéral et tenter d’influencer l’opinion dans la direction qui l’intéresse. C’est bien évidemment un jugement de valeur de ma part et pas une constation scientifique. Je m’en tiens cependant aux faits : il s’exprime sur les « sans-papiers », les « sans-abris », pour dénoncer les dérives du système capitaliste, etc.
À suivre…
…Suite à Richard M.
4. Je ne dis pas qu’AJ soit malhonnête en tant que scientifique, je n’en sais rien. Je dis qu’il est plus facile en France de dire qu’on est socialiste plutôt que libéral. De dire qu’on est pour la justice sociale, pour l’égalité, pour la citoyenneté, etc., concepts creux que jamais personne ne définit mais que l’auditoire est sommé de trouver légitime puisque ils sont défendus par des personnes dont on n’est pas d’emblée porté à mettre en doute l’honnêteté.
5. Il me gêne que ceux qui tiennent ces discours ne soient pas tenus de dire a) ce qu’ils entendent par-là et b) ce que cela nécessiterait concrètement pour que la société atteigne collectivement leur idéal de perfection. Les rêves de perfection des autres me font toujours peur, parce qu’ils ne s’arrêtent jamais (cf. Robespierre, Lénine, Staline, Kim il Sung, Fidel Castro, etc.).
À mon avis de non-scientifique, mais néanmoins rigoureuse, les prises de position socialistes par des scientifiques, c’est de l’abus de position sociale.
Merci de mÂ’avoir lue.
Emma
« 1. Vous reprenez des propos tenus le Mardi 10 Août 2004 à 11:10:12 par Gonzolo »
Oui, je viens de me rendre compte de mon erreur. Les propos étaient de Gonzo et de Bugmaster et non de Nyarla et de Emma. Mes plus plates excuses à ceux à qui j’ai injustement prêté des propos qu’ils n’avaient pas tenu.
« Je lÂ’ai échappé belle, un peu plus et je me disqualifiais encore un peu plus à vos yeux. JÂ’en aurais été désolée. »
Du toutÂ…
« 3. Je nÂ’ai rien contre le professeur Jacquard personnellement. CÂ’est peut-être quelquÂ’un d’éminent mais il mÂ’apparaît quÂ’il utilise sa position sociale éminente pour faire passer au travers des médias un message égalitariste et anti-libéral et tenter dÂ’influencer lÂ’opinion dans la direction qui lÂ’intéresse. »
Ce que tout à chacun tente de faire à son niveau, vous en conviendrez sûrement. J’allais dire, peu importe le message politique, car à partir d’un certain niveau scientifique se posent plus de problèmes éthiques que tout autre chose. Et c’est à ce moment là que de nombreux scientifiques tentent de faire passer un message politique en accord avec leurs convictions.
« 4. Je ne dis pas quÂ’AJ soit malhonnête en tant que scientifique, je nÂ’en sais rien. Je dis quÂ’il est plus facile en France de dire quÂ’on est socialiste plutôt que libéral. »
Je ne crois pas avoir été blâmé par qui que ce soit quand j’ai dit que j’était pro libéral et opposé à des politiques sociales.
« De dire quÂ’on est pour la justice sociale, pour l’égalité, pour la citoyenneté, etc., concepts creux que jamais personne ne définit mais que lÂ’auditoire est sommé de trouver légitime puisque ils sont défendus par des personnes dont on nÂ’est pas dÂ’emblée porté à mettre en doute lÂ’honnêteté. »
L’auditoire n’est pas sommé de faire quoi que ce soit, personne ne lui met de couteau sous la gorge, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je crois que bien plus d’individus sont libéraux malgré ce qu’ils pensent ou disent. Leur comportement est bien plus révélateur que leurs actes.
« 5. Il me gêne que ceux qui tiennent ces discours ne soient pas tenus de dire a) ce quÂ’ils entendent par-là et b) ce que cela nécessiterait concrètement pour que la société atteigne collectivement leur idéal de perfection. »
Certes.
« Les rêves de perfection des autres me font toujours peur, parce quÂ’ils ne sÂ’arrêtent jamais (cf. Robespierre, Lénine, Staline, Kim il Sung, Fidel Castro, etc.). »
Il est presque certain que les individus que vous citez là n’ont jamais eu un seul idéal de perfection si ce n’est leur propre bien être et la possession du pouvoir.
« À mon avis de non-scientifique, mais néanmoins rigoureuse, les prises de position socialistes par des scientifiques, cÂ’est de lÂ’abus de position sociale. »
Le socialisme appliqué à la collectivité scientifique se retrouve chez tous ceux qui luttent contre la propriété intellectuelle. La collectivité scientifique est donc naturellement partagée entre les individus de type socialistes et d’autres plus libéraux… C’est un clivage très naturel.
Absurde.
Contradictoire.
« Le socialisme appliqué à la collectivité scientifique se retrouve chez tous ceux qui luttent contre la propriété intellectuelle.
Absurde. »
C’est pas plus absurde que de vouloir que toute la connaissance scientifique et que l’utilisation qui en découle soit libre et gratuite puisque considérée universelle (et financée par tout le monde). Je t’invite à aller dans une université et ensuite tu viendra me dire quel est le comportement de ceux qui se disent socialistes et de ceux qui se disent capitalistes. Les premiers voudront tout partager avec tout le monde, se moquant bien souvent des efforts des autres pour les spolier gaiement (et piocher dans leurs crédits sous de foireux prétextes d’utilité générale). Les seconds protègent leur travail et le voient comme un investissement (on le voit bien en comptant l’argent qu’il reste en fin d’année) : les relations avec les entreprises sont leur but premier.
« bien plus d’individus sont libéraux malgré ce qu’ils pensent ou disent. Leur comportement est bien plus révélateur que leurs actes. »
Contradictoire. »
Contradictoire en quoi ? Il me semble que justement la pression médiatique empêche le vernis social démocrate de voler en éclat. Le travail au noir, la propriété physique, la lutte pour ne pas payer des impôts, etc, tout cela montre qu’ils ne veulent pas de l’état. D’un autre côté celui ci arrive encore à les aguicher en prétendant leur apporter le bonheur et la richesse dans la difficulté, mais c’est ce point unique qui permet de maintenir une forme lointaine d’équilibre.
C’est un autre débat. Etre contre la propriété intellectuelle ne veut absolument pas dire être « socialiste », ou alors tu vas nous le prouver, sachant qu’un seul exemple inverse prouvera que la relation n’est pas automatique. (exemples: Faré, Turion, Stefan Metzeler…)
Le comportement c’est la collection des actes. Donc dire que leur comportement est plus révélateur que les actes c’est contradictoire. Le comportement = les actes. Ta phrase est mal construite et telle quelle n’a pas de sens.
la parole, merde. je me suis planté.
Richard M., je reviens sur votre propos : « La collectivité scientifique est donc naturellement partagée entre les individus de type socialistes et d’autres plus libéraux… C’est un clivage très naturel. »
Le clivage me semble être plus en faveur des intellectuels de gauche mais peut-être nÂ’est-ce quÂ’une impression désagréable. Pour vous enrichir, vous pouvez lire de Raymond Boudon, son dernier livre Pourquoi les intellectuels n’aiment pas le libéralisme ?, Paris, Odile Jacob, 2004 et visitez ces deux liens :
http://www.ofce.sciences-po.fr/fitoussi/presse/fig-21-06-04.html où Raymond Boudon s’exprime face à J.-P. Fitoussi et
http://www.alternatives-economiques.fr/lectures/L225/NL225_006.html où on descend Raymond Boudon pour cause d’illibéralisme.
Cherchez lÂ’erreur.
Emma
Hervé / Richard M.
Vous êtes d’accord. Il n’y a pas de débat.
Les gens sont plus libéraux dans leurs actes que dans les idées qu’ils professent, et dont ils ne comprennent pas en réalité les implications. Parceque certaines causalités ne sautent pas aux yeux de tout le monde. Si les gens n’étaient pas libéraux dans leurs actes, i.e. s’ils n’étaient pas individualistes, et en quête de leur intérêt personnel, le communisme fonctionnerait très bien. Mais l’homme ne serait pas l’homme. Parceque l’homme est conscience et que la conscience ne peut qu’être égoïste.
Monopole intellectuel: Richard M. a raison; C’est surtout dans les milieux gauchistes qu’on entend le plus de voix contre les monopoles intellectuels. Certains gauchistes se trouvent en fait tout à fait par hasard en accord avec les libéraux sur la question (ou tout au moins La frange des libéraux adversaires de la propriété intellectuelle dont je fais partie). Mais c’est pour de mauvaises raisons et ils sont complètement incapables de fournir des arguments structurés sur la question. L’erreur est humaine, l’erreur systématique ne l’est pas. Il faut bien qu’ils aient raison de temps en temps, ces braves gauchistes, sinon ils mourraient au bout d’une journée.
« http://www.alternatives-economiques.fr/lectures/L225/NL225_006.html où on descend Raymond Boudon pour cause dÂ’illibéralisme. »
Chère Emma, vous êtes une adepte de la lecture en diagonale. Dans l’article que vous indiquez, Christian Chavagneux ne reproche pas à Boudon d’être « illibéral », au contraire. Relisez la dernière phrase de l’article.
« La collectivité scientifique est donc naturellement partagée entre les individus de type socialistes et d’autres plus libéraux… C’est un clivage très naturel. »
Cher Richard, on se demande bien dans quelle « collectivité scientifique » vous vivez. Quasiement tous les scientifiques qui s’expriment dans les médias (des autres, on ne connaît pas les opinions) sont socialistes quand ils ne sont pas communistes. Les libéraux sont aussi minoritaires que des termites dans une fourmilière.
C’est bien simple: parmi tous mes amis scientifiques [à part ceux que je connais par Internet], qu’ils soient enseignants, chercheurs ou autres, il n’y en a absolument aucun qui soit libéral. Absolument aucun.
« Le clivage me semble être plus en faveur des intellectuels de gauche mais peut-être nÂ’est-ce quÂ’une impression désagréable. »
Ce n’est pas qu’une impression désagréable, d’une manière générale il existe un nombre relativement conséquent d’intellectuels qui refusent tout ce qui peut être relié de près ou de loin à toute forme d’économie.
« Les gens sont plus libéraux dans leurs actes que dans les idées qu’ils professent [Â…] Parce que l’homme est conscience et que la conscience ne peut qu’être égoïste. »
Difficile de le dire de manière plus claire.
« Monopole intellectuel »
Pardon Michaël mais ce n’est pas de monopole intellectuel que je parlais mais de propriété intellectuelle.
« Richard M. a raison; C’est surtout dans les milieux gauchistes qu’on entend le plus de voix contre les monopoles intellectuels. »
Contre la propriété intellectuelle.
« Mais c’est pour de mauvaises raisons et ils sont complètement incapables de fournir des arguments structurés sur la question. »
Il m’apparaît évident que les raisons pour laquelle les gauchistes sont contre la PI est la même pour laquelle ils sont contre la propriété tout court : la raison est l’appropriation de ressources qui appartiennent d’après eux à tout le monde.
« L’erreur est humaine, l’erreur systématique ne l’est pas. Il faut bien qu’ils aient raison de temps en temps, ces braves gauchistes, sinon ils mourraient au bout d’une journée. »
Cependant je ne suis pas certain qu’ils aient raison encore une fois.
A Mickaël,
« C’est marrant, une fois le livre reposé, je me suis demandé si l’une des raisons du rejet du libéralisme n’était pas la lecture des livres de Raymond Boudon… » dit l’intellectuel-critique Christian Chavagneux
Le non-libéral est évidemment Chavagneux et non R. Boudon, bien sûr, cela pour préciser ma pensée, cher Mickaël.
« Cher Richard, on se demande bien dans quelle « collectivité scientifique » vous vivez. »
Je travaille dans une entreprise en terre britannique.
« Les libéraux sont aussi minoritaires que des termites dans une fourmilière. »
les libéraux ont autre chose à faire que s’occuper de politique, ils ont une/des entreprises à faire tourner et ils le font.
« C’est bien simple: parmi tous mes amis scientifiques [à part ceux que je connais par Internet], qu’ils soient enseignants, chercheurs ou autres, il n’y en a absolument aucun qui soit libéral. Absolument aucun. »
Ben moi j’en connais pas mal de scientifiques libéraux qui évoluent dans l’université… C’est terrible à dire, mais il me semble que ce sont ceux qui sont les plus brillants dans leur science et ceux qui méprisent le plus la politique politicienne…
« Il faut bien qu’ils aient raison de temps en temps, ces braves gauchistes, sinon ils mourraient au bout d’une journée. »
non, c’est juste que le ridicule ne tue pas. Quant à leurs protestations sur la « pensée unique », elle sont du même ordre que leurs récriminations contre « l’ultralibéralisme »: un écran de fumée. En fait, ils hurlent à la pensée unique (comme et/ou au fascisme) dès que tu exprimes une idée remettant en question un de leurs dogmes, même du bout du petit orteil. Il y a bien en France une « pensée unique », ou du moins à forte tendance englobante: elle est étatiste, anti-libérale et post-moderne.
au sujet de Jacquard: petite mise au point. Que Jacquard soit ou ne soit pas un « homme de science », m’indiffère au plus haut point. Ce qui m’importe, c’est qu’il n’a pas de responsabilité dans le sombre bourbier culturel que traverse la France depuis les années 70, contrairement à Debray, Derrida, Lacan, Deleuze, Kristeva, etc… Jacquard n’est pas en train d’assassiner la littérature comme Echenoz ou Delherm, pas plus qu’il ne contribue à la déchéance de l’Education Nationale contrairement à tous les pseudo-pédagogues (mais vrais gouffres à fric) qui hantent les IUFMs. Jacquard se contente de faire la pute sur la télé de service public, et si je ne connais pas l’ampleur de ses travaux scientifiques, je reconnais son talent de batteleur. En tant que libéral, j’estime que s’il y a un marché pour ses livres et ses émissions, il peut faire son bizness qui ne nuit au fond à personne. S’il dit des conneries, elles se perdent dans le brouhaha médiatique… De toute façon, il faut bien des figures comme lui pour co-animer les « nuits des étoiles » et autres émissions du même type. Donc, homme de télé certainement, mais je n’irai pas jusqu’à me prosterner devant son génie scientifique, j’ai trop de culture classique pour ça et c’est quand même pas Einstein ou Galilée.
Richard M et PG, vous êtes de mauvaise foi. Honte sur vous ! et excusez-vous auprès d’Emma.
un lien marrant, histoire de bien se rendre compte de l’horreur post-moderne (festive, ludique et citoyenne):
http://perso.wanadoo.fr/marincazaou/cont/echenoz/lac.html
« résumé de l’article :
A la lumière des théories de Jean-François Lyotard (La condition postmoderne) et de Michel de Certeau (L’Invention du quotidien), l’analyse du « visible » dans Lac, de Jean Echenoz, est le point de départ d’un plus large questionnement sur les nouvelles pratiques romanesques et sur les relations qu’elles entretiennent avec les réalités du monde social et ses transformations. Dans le « roman postmoderne », les modalités d’écriture construisent un espace perspectiviste (reflet de l’espace urbain), lieu d’auto-réflexion généralisée sur l’improbable histoire du roman « ‘déhistorisé ». La délégitimation du savoir et des grands récits de la modernité se traduit par une écriture démystificatrice et post-structuraliste. Elle court-circuite les savoirs théorisables par l’indétermination de l’ironie ; le processus de renarrativisation, notamment, s’accompagne ainsi d’une dérision qui dénonce les simulacres d’une réalité de plus en plus virtuelle. Mais les dispositifs de réflexion, notamment par une double mise en scène de l’écriture et de la lecture, laissent entrevoir de nouvelles pratiques textuelles, chaotiques, multidirectionnelles et ludiques, dont le modèle est peut-être à chercher du côté des pratiques urbaines (la marche) et des micro-récits anonymes du quotidien. »
« Cet article est publié dans Queste, revue de langue et littérature françaises, n° 9, « Le Regard », octobre 2001, Editions Joëlle Sampy, Pau, 2001. »
alors, ca fout les jetons, hein ? et encore là , c’est light.
Richard M.
« Je travaille dans une entreprise en terre britannique. »
Dans ce cas …
« les libéraux ont autre chose à faire que s’occuper de politique, ils ont une/des entreprises à faire tourner et ils le font. »
Bonne réflexion. Je crois en effet qu’ils le vivent plus qu’ils n’en parlent. En matière de politique, on n’entend que ceux qui crient le plus fort, en quelques sortes. Et ils ne sont pas libéraux. D’où peut-être une image faussée de ce que pensent vraiment les gens ? Voilà une idée intéressante qui change un peu mon point de vue -catastrophiste- sur la question. Donc, merci.
« Monopole intellectuelle ». C’est à dessein que je n’emploie pas l’expression « Propriété intellectuelle ». Car à mon avis, cette expression n’a aucun sens intelligible.
Commme les mots ont leur importance, j’ai décidé de suivre le conseil d’Henri Lepage à ce propos:
http://www.eurolibnetwork.net/espacelepage.php
Nyarlathotep, votre dénonciation de l’état de déliquescence de la culture en France est salutaire.
« une dérision qui dénonce les simulacres d’une réalité de plus en plus virtuelle » Il y va fort le critique post-moderne. Il donne la nausée (et pas sartrienne celle-là !) Il nÂ’y a rien dans son cerveau quÂ’une bouillie insipide comme dans les cerveaux dÂ’Echenoz et Delerm (où il y a en plus de la bière, semble-t-il) et voilà que le fils Delerm marche sur les pas du père mais dans la chansonnette, lui. On ne sait pas où on va, mais on y va en rollers dirait Philippe Murray.
Dans les IUFMs aussi, « le réel est reporté à un date ultérieure ». Un assez bon dossier est visible en partie sur le site de l’Ifrap. Tout y passe : les racines idéologiques et jospiniennes de la chose, les bourdieuseries et… les dépenses où l’on apprend que l’IUFM de l’académie d’Orléans-Tours consacre 0,4 % du total du budget à , devinez quoi, la recherche et la formation des étudiants-formateurs, par ailleurs gratifiés du statut de fonctionnaire dès la 2e année. Le reste passe en dépenses de fonctionnement et autres dépenses pédagogiques, déplacements et autres billevesées. Et pendant ce temps-là , on assiste à la décadence de l’École publique dans l’indifférence à peu près générale. Le réveil sera dur.
Emma