20 Minutes m’apprend que Les élus Verts, communistes et socialistes de la capitale souhaitent remplacer Microsoft par Linux sur les 30.000 postes de la Mairie (ouep, 30.000 PCs!). Microsoft aurait fait, selon Libération une offre de 60% de rabais (le vilain monopole, il abuse ainsi de sa position dominante pour écraser un concurrent!). On pourrait se dire: tactique intelligente de la mairie de Paris! Effrayer MSFT pour ensuite obtenir une ristourne, c’est malin!
Mais non, pensez donc: c’est uniquement idéologique. L’entreprise privée c’est mal, le logiciel « libre » c’est bien. D’ailleurs, selon 20 Minutes: « La Mairie de Paris a déjà exprimé son penchant pour les logiciels libres: elle a conçu son propre navigateur sur Internet, baptisé Lutèce« . En fait, c’est un « Content Management System », un gestionnaire de contenu qu’une équipe financée par la Mairie de Paris a créé: Lutèce, et pas un navigateur. Pourquoi pas demain une distribution de Linux « Pigalle » ou « Marais » ? Et je propose que les premiers à en bénéficier soit les élus de « gauche »…
C’est surtout que le TCO des solutions libres reviens moins cher que celui des solutions microsoft.
J’ai travaillé 2 ans en SS2L (ss2i pour logiciels libres).
La majorité des clients était des administrations publiques qui souhaitaient migrer de windows vers linux (surtout en serveur).
Pourquoi ?
– ca coute moins cher (budget en baisse toussa)
– c’est plus « secure »
– plus facile à gérer
etc..
Bref si ca peux faire baisser les dépenses publiques et si en plus c’est une meilleure solution technique : ya pas de raison de ne pas migrer.
Sinon migrer 30000 pc desktop en linux ….
c’est la ptite secrétaire qui va faire la gueule devant son openoffice tout moche
Peut-être que le TCO est moins élevé pour les serveurs notamment (et j’en suis bien convaincu je bosse aux confluents de l’informatique et de… bref), mais comme tu le dis les desktop sous linux… mais bon ça pourrait le faire car une fois identifiés les besoins réels sur chaque poste il faut juste donner la bonne appli… tout le monde n’a pas besoin d’Office!
Ceci dit l’opposition des verts et autres cramoisis du cerveau repose non pas sur ces considérations, mais sur des considérations idéologiques… et je ne vois pas pourquoi la Mairie de Paris devrait payer des gens à coder un portail ou à adapter une distrib de Linux ou ce genre de trucs. Qu’ils fassent une étude sur des migrations par des pros, et qu’ils décident en conséquence…
Surtout que les Portails libre il en existe deja un paquet.
Ils ont voulu faire plaisir à leur informaticien fonctionnaires..
Entiérement d’accord !
Mais biensur ca passera sous couvert de « création d’emplois locaux » et autres « technologies made in france » ou « d’indépendance technique vis à vis des US »
Si les verts veulent faire de la guerilla anti-capitaliste en supportant Linux, ils se trompent completement…
Linux est actuellement massivement supporte par des « horribles » (selon la vision altercomprenante) multinationales comme IBM… Ceux qui se rememorent un peu le bon vieux temps savent que IBM n’etait pas mieux que Microsoft aujourd’hui: une entreprise arrogante qui produisaient des mauvais produits surfactures…
De plus, Linux est independant de tout brevet et autres distorsions du marche.
Il est vrai que certains auteurs du noyau et d’autres composants de Linux ont des tendances anti-capitalistes, mais plutot que de comdamner l’economie de marche de maniere generale, ils ont proteste contre la maniere dont certaines entreprises (dont Microsoft) utilisaient la technologie pour pieger leurs clients en fournissant des protocolles proprietaires a source code secret, que l’entreprise peut decider a tout moment de ne plus supporter par manque de rentabilite. L’ajout de fonctionnalites souvent peu utiles et mal implementees forcent les gens a constamment acheter de nouvelles machines, ce qui finit pas couter cher…
L’utilisation de Linux permet d’avoir un large choix de fournisseurs de services et de logiciels, tout en restant compatible, ouvert et evolutif… Ceci est nettement plus pro-capitaliste que de devoir dependre d’un fournisseur exclusif…
Il me semblait que la ville de Paris avait commandé une étude à Unilog à ce sujet. Mais je confonds peut-être avec Munich.
En voilà un sujet interessant : qu’est-ce qui est le plus libéral, Windows ou Linux ?
Mon patron est fanatiquement anti Bill Gates et pourtant c’est un libéral convaincu (bon enfin… libéral classique qui considère que le libéralisme nécessite la lutte contre les trusts). Pour lui Microsoft, c’est une espèce d’entreprise-URSS, dinosaure qui tue l’innovation, etc. Evidemment on sait que le monde pro-Linux est plutôt « libertaire », mais enfin, un certain libertarianisme ne se revendique-t-il pas comme un libertarisme bien compris ?
Mon patron, toujours, qui m’a dit carrément être « antifrançais » (j’ai l’impression que c’est quand même un sentiment répandu chez les libéraux…) se félicite chaque fois des défaites de Microsoft. Donc, il mentionne le fait que les administrations publiques françaises se « convertissent » à Linux (idem pour la Chine avec la distrib’ Redflag !!!).
Alors je lui demande : « comment ça se fait que les fonctionnaires aient fait le bon choix et aient compris que Linux, c’était mieux ? »
Et lui de me répondre avec un soupir : « l’antiaméricanisme… ».
Donc, en fait, Hervé, n’avez vous pas voulu voler au secours de l’Amérique, dont un symbole (Microsoft) est selon vous injustement haï, un peu comme les Français aiment le faire quand ils se représentent l’Américain moyen sous les traits du commandant Sylvestre aux Guignols ?
Pour autant, est-ce que, parce que Linux est plus « gratuit », ça serait moins « libéral » (voire moins « américain ») ? Non ; techniquement, c’est compatible avec « la Liberté », puisque chacun est libre ou non de s’en servir à la place de Windows…
Mais dans l’esprit ? Vous disiez que les produits du « commerce équitable », s’ils ne violaient pas la Liberté, véhiculaient un esprit dangereux parce que diffusant des valeurs selon lesquelles le commerce ne serait pas toujours, en tant que tel, « équitable ».
Alors Linux, cet esprit de « gratuité », c’est dangereux ou au contraire, c’est plutôt un hommage à la « Liberté » ?
Un libéral classique considère que s’il y a monopole non-naturel, c’est qu’il y a eu des pratiques anti-concurrentielles. Cela se vérifie effectivement avec Microsoft. Microsoft n’a pas encore compris que la concurrence est bonne pour tout le monde: clients et entreprises. En bon patron, Bill Gates n’est pas un vrai libéral.
Mais de l’autre côté, la licence GPL est clairement anti-libérale aussi. Au nom d’une soi-disant liberté, Richard Stallmann se place sur le terrain de la morale, c’est déjà le signe qu’une idéologie est à l’oeuvre. Il faudrait pouvoir obliger tout le monde à publier son code source, obligation qui se justifie par l' »immoralité » des logiciels « non-libres » (admirez l’abus de langage caractéristique des totalitaires). En réalité, cette « liberté » ne bénéficie qu’à ceux qui sont capables de « rentrer » dans le source des logiciels qu’ils utilisent, c’est à dire à une petite nomenklatura de programmeurs. La GPL est donc un concept totalitaire, l’équivalent informatique de la dictature du prolétariat.
La véritable liberté consiste à pouvoir dépenser son argent comme on l’entend, et à acheter des logiciels opensource ou propriétaires comme on le souhaite. Donc, ce qui est le plus libéral, ce n’est ni Windows ni Linux, mais la concurrence entre les deux.
« Un libéral classique considère que s’il y a monopole non-naturel,
c’est qu’il y a eu des pratiques anti-concurrentielles. Cela se vérifie
effectivement avec Microsoft. Microsoft n’a pas encore compris que la
concurrence est bonne pour tout le monde: clients et entreprises. En
bon patron, Bill Gates n’est pas un vrai libéral. »
En l’occurence, la production de logiciels est un monopole naturel…
Merci pour ces explications, Sous-Commandant Marco.
ça répond à ma question sur « l’esprit » du phénomène. Le discours n’est donc pas libéral.
Bon. Maintenant pour revenir sur le plan technique, si les partisans du GPL ne faisaient pas leur prechi-precha sur « l’immoralité » des logiciels « non-libres », et qu’ils se contentent de dire « On propose un système parallèle sous le nom de GPL : si vous utilisez du code écrit sous « licence libre », vous ne pouvez revendre un soft basé la-dessus que sous telle et telle condition [je ne sais pas exactement comment marche le système du GPL…] », alors ce serait acceptable d’un point de vue libéral, non ?
Là où ils sont casse-couilles, c’est parce qu’ils disent « Tout les développeurs devraient se conformer à notre système »…
C’est bien ça, non ? Ce serait en fait le même problème que pour le « commerce équitable » : c’est « l’esprit » qui laisse à désirer, de votre point de vue…
Tant que MSFT n’oblige pas ses clients à acheter ses logiciels, MSFT ne viole pas le droit, donc je ne vois rien à redire aux « pratiques concurrentielles » ou à quoique ce soit que fait MSFT sur le plan du droit (au sens libéral: non agression, respect de la propriété…).
D’ailleurs si MSFT était un monopole réel, c’est à dire légal, appuyé par la force de l’Etat comme la Poste ou comme l’était France Telecom, Linux n’existerait même pas, ce serait interdit, tout bonnement…
D’ailleurs, pourquoi n’entend pas de cris horrifiés devant le prix de Linux ? Comment ? un gratuit ? Mais c’est le vol du pain de l’honnête travailleur de Microsoft! (on a entendu ce discours avec 20 Minutes, Metro et les autres journaux gratuits…)
Quant à chercher l’esprit du libéralisme, ce sont pour moi des dissertations sur le sexe des anges…
La loi anti-trust américaine est exemplaire. Les pratiques anti-concurrentielles de Microsoft sont du passé mais sont connues. Je ne citerai que deux exemples.
Dans le temps, Microsoft facturait ses clients non pas sur le nombre de licences effectivement installées mais sur le nombre de PCs vendus. Cela obligeait les vendeurs de PCs à installer Windows sur toutes leurs machines ou à payer pour des licences qu’il n’avaient pas consommées.
Microsoft a menacé plusieurs de ses clients de représailles s’ils travaillaient avec ses concurrents.
Il s’agit là d’un abus de position dominante.
Depuis que le boulet a sifflé à ses oreilles, Bill Gates s’est assagi et n’a plus recours à ces pratiques. La fréquentation assidue de l’autre Bill (Clinton) ne lui a pas épargné un avertissement. Résultat: même sur le desktop, Linux progresse. C’est une bonne nouvelle pour tout le monde, y compris Microsoft.
L’une des forces de Microsoft réside dans son organisation en petites équipes créatives et avec une faible hiérarchie (seulement cinq niveaux entre la base et Bill). D’après les informations que je peux avoir en interne, Microsoft n’a plus cette efficacité d’antan et est devenue « une grosse boîte ». Linux va l’obliger à innover et à optimiser sa structure. Cela dit, la phase de progression à 40% par an est terminée.
Quant à la GPL, elle est handicapée par cette volonté d’imposer à tout le monde un modèle de développement excellent mais élitiste. Le procès de SCO, parfaitement justifié de mon point de vue, devrait les rendre plus modestes. Heureusement, l’open source ne se limite pas à la GPL et recèle des pépites telles que les licences et produits BSD.
Je ne suis pas choqué de voir des administrations publiques choisir l’un ou l’autre sur des bases saines comme le coût ou les aspects techniques. En effet, je suis intimement persuadé, par l’étude et l’expérience, que l’argument « Linux est forcément moins cher », c’est du pipeau. Microsoft reste très compétitif.
« Microsoft a menacé plusieurs de ses clients de représailles s’ils travaillaient avec ses concurrents.
Il s’agit là d’un abus de position dominante. »
Désolé, mais je ne suis pas d’accord avec cette vision. Les « représailles » en question ne sont rien d’autre qu’un boycot, tout à fait acceptable, donc.
Quand mon boulanger me dit: « si tu achète ton pain ailleurs que chez moi, je ne te vendrai plus jamais rien », c’est son droit le plus absolu, y compris s’il est le seul boulanger du quartier. Il n’y a pas « d’abus de position dominante ».
En revanche, ce qui est à mon avis anormal chez microsoft, c’est l’existence de licences. En ce sens, Microsoft est soutenu par les hommes de l’Etat. En effet, si vous copiez un logiciel microsoft (ce qui ne viole les droits de personnes, puisqu’il n’y a pas de « propriété intellectuelle »), vous pouvez faire l’objet d’une agression de la part des hommmes de l’Etat. C’est sur ce point et sur ce point seulement que Microsoft est critiquable, car il jouit en l’occurence d’un monopole légal de diffusion de certaines informations (des logiciels).
Sans le système de licence (étatique), l’univers de l’informatique n’aurait pas grand chose à voir avec ce qu’il est, et il n’y aurait pas lieu de se plaindre de microsoft.
Et si les menaces de Microsoft en question étaient: « tu achètes ton main chez moi, sinon il ne faudra pas t’étonner si ta petite famille a des problèmes. »? Le boulanger ferait-il seulement usage de sa liberté d’expression? Non, ce serait équivalent à dire « moi, administration française, j’impose Linux parce que je suis anti-capitaliste. »
Le monopole de l’état sur les droits de propriété (intellectuelle ou pas, c’est pareil, cf plus bas) est un monopole naturel, qui résulte de l’unicité de la loi. On n’imagine pas plusieurs lois ou plusieurs propriétés différentes en concurrence sur le même territoire. Plus précisément, on n’imagine pas que n’importe qui puisse créer son cadastre ou son office d’enregistrement de droits de propriété. Sinon, je vais un jour me pointer chez vous avec une dizaine d’individus armés et un joli acte de propriété sur votre maison. Et alors vous pourrez faire quoi, à part faire appel vous aussi à la loi du plus fort?
Propriété intellectuelle ou non, c’est la même chose. Du point de vue libéral, la propriété ne se définit pas comme la possession effective d’un bien matériel (ce qui équivaudrait à la loi du plus fort) mais comme le résultat de l’exercice de son propre travail et de sa propre liberté sans empiéter sur celle des autres.
En démocratie libérale, la propriété se manifeste par un contrat ou un acte de propriété, forcément unique. De ce point de vue, la propriété intellectuelle n’est en rien différente de la propriété d’une maison. La licence correspond à un contrat de location. La copie de logiciels correspond à l’effraction ou au cambriolage. Ce n’est pas parce qu’une maison est ouverte aux quatre vents que n’importe qui en est pour autant propriétaire ou son cambriolage autorisé.
Le fait est que ce monopole naturel de la loi est exercé par un état, lui-même bâti sur une constitution démocratique (ou libérale, pour moi, c’est pareil). C’est pourquoi il est parfaitement acceptable.
» Sans le système de licence (étatique), l’univers de l’informatique
n’aurait pas grand chose à voir avec ce qu’il est »
LOL ! En effet, on n’en serait encore à la machine à écrire… Alala… Le
paléolibertarianisme….
» Et si les menaces de Microsoft en question étaient: « tu achètes ton pain chez moi, sinon il ne faudra pas t’étonner si ta petite famille a des problèmes. »? Le boulanger ferait-il seulement usage de sa liberté d’expression? Non, ce serait équivalent à dire « moi, administration française, j’impose Linux parce que je suis anti-capitaliste. »
Dans ce cas, bien sûr… mais je n’ai jamais entendu parler de ça. Microsoft est donc une mafia armée ? Que voulez-vous dire exactement ?
Quand au débat sur la propriété intellectuelle, je dirai juste ceci: Il ne peut y avoir propriété que sur des ressources matérielles. Toute la justification du droit de propriété repose sur cette hypothèse. La notion de propriété n’a pas de sens en dehors de ce cadre. On ne peut pas posséder une information, ou un concept. Notamment, il n’y a pas de rivalité en ce qui concerne l’information.
Le fait que la propriété intellectuelle soit limitée dans le temps (20 ans, 70 ans, etc…) de manière complètement arbitraire est bien la preuve que ce n’est pas une propriété du tout. Pourquoi 20 ans ? Pourquoi pas 10, ou 1000 ? Que penseriez-vous si on « limitait » la propriété de votre maison à 20 ans ? En seriez-vous encore réellement propriétaire ?
Le fait qu’on ait besoin d’un compromis sur cette question est une façon d’avouer qu’elle n’a pas de solution rationnelle. Ce qui revient à dire que la propriété intellectuelle ne se justifie pas rationnellement. Une règle de droit qui ne se justifie pas rationnellement ne se justifie pas du tout. Elle n’existe pas.
Et si la propriété intellectuelle n’est pas bornée dans le temps, alors les héritiers de Pythagore et Thalès devraient pouvoir exiger des royalties quand vous montez dans votre voiture, allumez votre frigo ou votre ordinateur, enfilez votre slip ou simplement vous couchez dans votre lit… Allez-vous me parler d’un contrat avec Pythagore ?
La propriété concerne des ressources matérielles. Point. Prétendre autre chose est une absurdité.
» Le fait est que ce monopole naturel de la loi est exercé par un état, lui-même bâti sur une constitution démocratique (ou libérale, pour moi, c’est pareil). C’est pourquoi il est parfaitement acceptable. »
Libre à vous de prétendre qu’un état « démocratique » est libéral. Dans ce cas, vous redéfinissez le mot « libéral » à votre guise. Mais ce n’est pas l’acception habituelle.
Cela ne rend pas pour autant les actions de l’Etat « acceptables ». Comme dit Murray Rothabard, s’il est décidé démocratiquement que les rouquins doivent être massacrés, est-ce acceptable ? Oui, d’après vous. Non, d’après le libéralisme dans l’acception habituelle. Il en va de même pour les privilèges de monopole accordés à des groupes sous couvert de « propriété intellectuelle ».
« Plus précisément, on n’imagine pas que n’importe qui puisse créer son cadastre ou son office d’enregistrement de droits de propriété. Sinon, je vais un jour me pointer chez vous avec une dizaine d’individus armés et un joli acte de propriété sur votre maison. Et alors vous pourrez faire quoi, à part faire appel vous aussi à la loi du plus fort? »
Ha ha ha ! ça y’est ! Vous avez relancé la guerre entre jusnaturalistes (éventuellement anarcaps) et libéraux classiques ! Mais on va vous répondre que le Droit existe indépendammant de la force qui le fait respecter, que sans Etat nous serions dans un état de nature lockéen et non pas hobbésien, et que les juges à qui on ferait appel sur le marché de la justice seraient tous très honnètes (ou simplement « rationnels » pour les Objectivistes) et appliqueraient ce Droit absolu (donc au dessus du marché et non pas une marchandise fabriquée sur commande pour les consommateurs de justice).
Savez-vous que si vous doutez de cette nature humaine fondamentalement bonne, vous justifiez les spoliations de l’Etat sous le prétexte que, s’il n’existait pas, il s’en créerait un autre. Ce faisant, vous exonérez les hommes de l’Etat actuels de leur responsabilité ! Votre pessimisme s’apparente à du déterminisme et nie le libre-arbitre de l’humanité, allons, voyons ! Qu’est-ce que c’est que ce nihilisme ! Bref… je serais curieux de voir quand les libéraux trancheront cette querelle interne.
« Quant à chercher l’esprit du libéralisme, ce sont pour moi des dissertations sur le sexe des anges.. »
Je vois bien ce que vous voulez dire, Hervé, mais s’agissant du « commerce équitable » aussi, à part « l’esprit » et l’intitulé du mouvement, ça n’est pas « techniquement » contraire à « la Liberté ». Donc j’en reviens au GPL : à part le discours qui enrobe ce phénomène, est-ce contraire à la liberté ? dans la même mesure où les licenses « non-libres » sont, ou non, conformes au libéralisme, j’imagine…
Pangloss.
Elégante synthèse. Bravo.
» Le fait qu’on ait besoin d’un compromis sur cette question est une
façon d’avouer qu’elle n’a pas de solution rationnelle. »
Pfff… Pourquoi un compromis ne pourrait-il pas être rationnel ?
» » Le fait qu’on ait besoin d’un compromis sur cette question est une
façon d’avouer qu’elle n’a pas de solution rationnelle. »
Pfff… Pourquoi un compromis ne pourrait-il pas être rationnel ? »
Ce n’est pas le compromis qui est irrationnel, mais la solution. Irrationnel, dans ce cadre, signifie: dont la solution ne peut être découverte par le raisonnement.
« Le fait que la propriété intellectuelle soit limitée dans le temps (20 ans, 70 ans, etc…) de manière complètement arbitraire est bien la preuve que ce n’est pas une propriété du tout. Pourquoi 20 ans ? Pourquoi pas 10, ou 1000 ? Que penseriez-vous si on « limitait » la propriété de votre maison à 20 ans ? En seriez-vous encore réellement propriétaire ? »
Pourquoi une propriété limitée dans le temps ne serait-elle pas une propriété? Un bail de location est une forme de propriété et il existe des droits de propriété à durée limitée sur les maisons (le bail emphytéotique).
Je rappelle la définition de « propriété »: « La propriété est le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue pourvu qu’on en fasse pas un usage prohibe par les lois ou par les règlements ».
« Le fait qu’on ait besoin d’un compromis sur cette question est une façon d’avouer qu’elle n’a pas de solution rationnelle. »
Et alors? C’est dépréciatif?
J’ai l’impression que vous n’acceptez que les solutions déduites des dogmes (axiomes) que vous avez acceptés au départ? (car c’est bien cela une solution rationnelle, elle est déjà contenue dans les axiomes de départ, il n’y a plus qu’à tirer le fil de la déduction en respectant les règles).
Vous vous privez ainsi de toute la partie créative (réellement libre) de l’homme: celle qui est capable de surmonter les axiomes de départ, de les modifier, de les inventer, de les oublier, de les choisir. Vous refusez même de voir le choix irrationnel des axiomes de départ dans tout système rationnel.
Vous préférez vous soumettre totalement à des axiomes plutôt que de négocier et d’accepter un compromis avec un autre homme, et vous croyez être libre…
« Ce qui revient à dire que la propriété intellectuelle ne se justifie pas rationnellement. »
Peut-être (ça dépend des axiomes acceptés au départ). Mais rationnel n’est pas synonyme de raisonnable (raison pragmatique). Certaines décisions rationnelles sont mêmes déraisonnables.
« Une règle de droit qui ne se justifie pas rationnellement ne se justifie pas du tout. »
Tout est justifiable rationnellement. Tout dépend des axiomes acceptés au départ. La géométrie euclidienne est tout aussi rationnelle que la géométrie non-euclidienne.
« Elle n’existe pas. »
Encore cette manie de nier l’existence de tout ce qui ne rentre pas dans votre schéma de pensée. Vous luttez pour la suppression de l’état et du droit positif, alors même qu’ils n’existent pas?
« Pangloss.
Elégante synthèse. Bravo. »
Merci, merci ! J’espère que vos félicitations ne sont pas trop ironiques, Mickaël…
Je dois dire qu’à force de me demander comment raisonnent les libéraux, je finis par comprendre deux ou trois trucs (je veux le croire !). Il faudrait que je me penche sur les textes Objectivistes (si j’ai le temps !!!), car c’est la théorie qui m’intrigue le plus. Ayn Rand semblait exiger beaucoup de discipline de la part de ceux qui se revendiquaient comme ses… disciples (elle avait pas l’air commode !). Or, malgré tout, nombre d' »Objectivistes » se sont émancipés, dirait-on, des enseignements de leur inspiratrice (anarchisme au lieu de minarchisme…). Existe-t-il un intinéraire, un fil rouge qui permettrait de rentrer facilement dans la problématique de l’école randienne, de comprendre ce qui a été contesté chez Rand, et ce qui a été malgré tout conservé par ceux qui souhaitent encore s’inspirer de ses enseignements ?
Bon, enfin… on dévie du sujet…
Pangloss.
Il n’y a rien d’ironique dans mes propos à votre égard, rassurez-vous. Je trouve simplement que vous comprenez bien les choses. Je suis parfois désagréable mais je sais aussi être enthousiaste.
A propos d’Ayn Rand, puisque le sujet a l’air de vous plaire, je pense que sa position minarchiste est intenable. Elle ne la développe d’ailleurs jamais, sauf (mais attention je n’ai pas tout lu, loin de là ) dans « la vertu d’égoïsme », à la fin. Pour elle, l’Etat minimal est nécessaire (elle ne dit pas pourquoi) et doit être financé par exemple par une lotterie. Inutile de s’étendre sur le ridicule de cette assertion. Cela ne l’empêche pas d’avoir écrit des choses extraordinaires.
A propos d’Ayn Rand, si ses écrits vous intéressent vraiment, j’ai quelque chose à vous proposer, mais par mail: mymithra@tiscali.fr
gonzolo.
Vous récidivez.
Je vous rappelle que selon vous, on ne peut pas savoir s’il existe une vérité absolue ou non.
On ne sait donc pas si ce que vous dites est vrai ou non, s’il est vrai que vous attendez une réponse à vos questions, s’il est vrai que vous n’êtes pas un troll qui vient juste polluer la PL, etc.
» Je rappelle la définition de « propriété »: « La propriété est le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue pourvu qu’on en fasse pas un usage prohibe par les lois ou par les règlements ». »
N’importe quelle définition peut bien convenir, puisqu’on ne peut pas savoir s’il existe une vérité absolue ou non. Je ne vois donc pas pourquoi il faudrait choisir cette définition-là plutôt qu’une autre.
Puisque n’importe quel axiome en vaut bien un autre, je choisis celui-ci à votre égard: vous êtes un troll.
ça aurait pu être pire.
Donc ne vous attendez pas à ce que je vous réponde plus avant.
gonzolo.
» Vous luttez pour la suppression de l’état et du droit positif, alors même qu’ils n’existent pas? »
D’abord je n’ai pas écrit que l’Etat n’existait pas. ça se discute.
Quant au droit positif, non, il n’existe pas. C’est un système incohérent donc vide (sauf pour certaines parties qui se rapprochent du droit naturel). On ne lutte pas contre le droit positif, on lutte contre les gens qui croient à une chimère et qui vous agressent en conséquence.
Baal n’existe pas. On peut quand même lutter contre les adeptes de Baal qui veulent imposer le culte de Baal.
La race pure n’existe pas. On peut quand même lutter contre les adeptes de la race pure qui veulent imposer le culte de la race pure.
La démocratie n’existe pas. On peut quand même lutter contre les démocrates qui veulent imposer la démocratie.
Le droit positif n’existe pas. On peut quand même lutter contre les hommes de l’Etat qui veulent imposer le droit positif.
Ce n’est pas difficile à comprendre. C’est vous qui êtes prisonnier de faux concepts et d’axiomes arbitraires (démocratie, droit positif, etc..), pas moi.
« Je vous rappelle que selon vous, on ne peut pas savoir s’il existe une vérité absolue ou non.
On ne sait donc pas si ce que vous dites est vrai ou non »
Réfléchissez un petit instant et vous verrez que ce que j’affirme (peut-être à tort) être des vérités est toujours (du moins, j’essaye) circonstancié. Autrement dit, mes affirmations sont réfutables. Ce sont des vérités relatives.
« s’il est vrai que vous attendez une réponse à vos questions, s’il est vrai que vous n’êtes pas un troll qui vient juste polluer la PL, etc. »
je tue le temps et je réponds parfois quand quelque chose m’a l’air faux, plus rarement quand ça m’a l’air juste. je donne alors mon opinion avec l’aide d’arguments.
libre à vous d’y voir une pollution.
« Je ne vois donc pas pourquoi il faudrait choisir cette définition-là plutôt qu’une autre. »
Parce que c’est la définition commune en droit. Libre à vous d’en donner une autre, mais précisez alors que ce n’est pas celle habituelle en droit et faites-la nous connaître. Comme ça on saura de quoi vous parlez et ça évitera les confusions.
« Puisque n’importe quel axiome en vaut bien un autre »
Ce n’est pas ce que j’ai dit. J’ai dit qu’il y avait un choix d’axiomes au départ. Cela signifie donc qu’ils ne se valaient pas. Dire qu’untel est l’Elu ne signifie pas qu’il en vaut un autre (sous prétexte que Dieu aurait pû en choisir un autre). Compris?
« D’abord je n’ai pas écrit que l’Etat n’existait pas. ça se discute. »
Donc l’état est rationnel?
« On ne lutte pas contre le droit positif, on lutte contre les gens qui croient à une chimère et qui vous agressent en conséquence. »
Et voilà , on n’est plus très loin de la lutte armée. Attaquer les hommes plutôt que les idées, hein…
« Baal n’existe pas. On peut quand même lutter contre les adeptes de Baal qui veulent imposer le culte de Baal. »
Tous les fanatiques disent cela. Vous mêmes cherchez à imposer votre culte de Baal.
En ce qui concerne le droit positif, personne ne cherche à l’imposer puisqu’il est déjà en vigueur. C’est vous qui cherchez à l’abattre. Ayez au moins conscience de cela.
gonzolo.
vous avez écrit ceci:
« Autrement dit, mes affirmations sont réfutables. Ce sont des vérités relatives. »
Cette affirmation est-elle réfutable ?
J’imagine que vous utilisez le mot « réfutable » au sens poppérien du terme. Sinon, définissez-le. Si oui, c’est qu’il existe un énoncé empirique en contradiction avec votre affirmation.
Quel est cet énoncé empirique ?
Merci.
En attendant votre réponse, je vous considère encore et toujours commme un vulgaire troll, juste un peu plus malhonnête que les autres.
» Réfléchissez un petit instant et vous verrez que ce que j’affirme (peut-être à tort) être des vérités est toujours (du moins, j’essaye) circonstancié. »
Et cet énoncé là , est-il circonstancié ???
…
J’ai soigneusement évité de verser dans la polémique habituelle entre anarcho-capitalistes et libéraux classiques, en me concentrant sur la notion de propriété intellectuelle et en démontrant que l’exercice de celle-ci par l’état ne constitue nullement un avantage pour Microsoft.
En quoi le fait que l’état garantit la propriété intellectuelle ou la limite à 20 ans ou même à 1 jour seulement serait-il une preuve que celle-ci n’est pas un droit? Ne confondons pas le droit lui-même avec sa garantie ou ses limites.
Vous dites que la propriété intellectuelle ne correspond pas à une existence matérielle. Ce n’est pas exact: le code source d’un logiciel ou la manuscrit d’un livre ont une existence physique, attestable (néologisme: que l’on peut attester) par des humains, voire par des machines. La seule différence avec la propriété classique (matérielle) est que ce support physique est duplicable quasiment à volonté, en fait pour un coût marginal très inférieur au coût initial de fabrication. Autrement dit, la spoliation est encore plus facile. C’est pourquoi cette forme de propriété nécessite des lois spécifiques.
Une idée n’a elle d’existence matérielle que dans le cerveau de ceux qui l’ont et n’est donc pas attestable. Une idée attestable, décrite en détails sur papier comme un livre, peut devenir un brevet.
Si, comme je l’ai lu ici, l’anarcho-capitalisme présuppose la nature bonne de l’homme, alors il n’est guère surprenant que ce soit une utopie. Le succès des idéologies de spoliation, encore aujourd’hui alors que la plupart des Français sont à l’abri du besoin, démontre que tous les hommes ne sont pas bons. Et encore, pour les amoureux de l’auto-référence, faudrait-il me préciser en fonction de quelle morale on est bon ou mauvais.
Le libéralisme classique part d’une description tout de même un petit plus juste de l’homme, tiraillé qu’il est entre la nécessité du travail et la facilité de la spoliation, la liberté (bon) et la contrainte (mauvaix).
sous-commandant.
« Vous dites que la propriété intellectuelle ne correspond pas à une existence matérielle. Ce n’est pas exact.le code source d’un logiciel ou la manuscrit d’un livre ont une existence physique, attestable »
Ne confondons pas l’information elle-même avec son support.
Un livre peut (et doit) faire l’objet d’une propriété, mais pas son contenu informationnel.
« La seule différence avec la propriété classique (matérielle) est que ce support physique est duplicable quasiment à volonté, en fait pour un coût marginal très inférieur au coût initial de fabrication. Autrement dit, la spoliation est encore plus facile. »
Duplication n’est pas spoliation. Pour qu’il y ait spoliation, il faut que le propriétaire soit privé de l’usage de sa propriété. Ce qui n’est pas le cas lors de la duplication, justement. Si je vous vole un manuscrit, je vous spolie. si je recopie le contenu du manuscrit, de quoi vous ai-je privé ?
Vous n’échapperez pas à cette évidence.
C’est pourtant simple.
En dupliquant mon oeuvre et en vous en servant comme si elle vous appartenait (par exemple en en vendant à nouveau des copies ou en faisant croire que vous en êtes l’auteur), vous me privez de ma propriété exclusive.
C’est comme si, en mon absence et sans mon accord, vous entriez dans mon appartement, vous asseyiez dans mon fauteuil et prétendiez à vos amis que vous en êtes le propriétaire. Vous ne m’avez pas privé de ma propriété puisque vous aurez disparu à mon retour, pourtant je suis privé de l’usage exclusif de ce bien.
C’est au contraire vous qui ne comprenez pas ce qu’est la propriété. La propriété n’équivaut pas à la possession. La propriété est un droit, le droit de faire usage d’un bien (matériel ou intellectuel) comme on le souhaite, tant que l’on n’enfreint pas la loi, c’est à dire les droits des autres.
En me relisant, je me rends compte que mon texte n’est pas clair. Je vais essayer de bien préciser.
La propriété, c’est l’exclusivité du droit d’usage d’un bien. Il ne peut pas y avoir deux propriétaires distincts d’un même bien. Voir mon troisième message dans ce thread à ce sujet.
Donc le simple fait de dupliquer un support de propriété intellectuelle (sans même en faire usage), c’est priver purement et simplement le propriétaire de son exclusivité. En droit, je crois que ce concept d’exclusivité de la propriété s’appelle la jouissance. Le terme est bien trouvé.
Certains collectionneurs (tous?) éprouvent du plaisir à se savoir l’unique propriétaire de l’original d’un tableau, ou d’un objet unique. Ce n’est pas parce que vous pouvez faire une copie d’un tableau de maître que celui-ci vous appartient. Vous êtes bel et bien le propriétaire d’une copie, mais pas de l’original.
Pour en revenir à la polémique sur le libéralisme classique et l’anarcho-capitalisme ou le minarchisme, le libéralisme classique est pragmatique.
Si on admet que le droit à la propriété intellectuelle n’existe pas du fait de la nature immatérielle des idées, des brevets ou des logiciels, alors qui voudra écrire des logiciels ou même développer de nouvelles idées? L’une des raisons pour lesquelles les gens créent du neuf, c’est pour en avoir les retombées, sous forme de gloire ou même d’espèces sonnantes et trébuchantes. Personne ne crée quelque chose pour voir son voisin l’espionner et tirer les marrons du feu.
« L’une des raisons pour lesquelles les gens créent du neuf, c’est pour
en avoir les retombées, sous forme de gloire ou même d’espèces
sonnantes et trébuchantes. »
Il est évident que la propriété intellectuelle est une des institutions
majeures du capitalisme comptemporain. Mais les libertariens
refusent de raisonner en terme d’efficacité. Refus qui les arrange bien
car le système qu’ils proposent, au delà des critiques que l’on peut lui
adresser sur un plan moral, est terriblement inefficace. Pour chaque
acte de la vie quotidienne, il engendre des coûts de transaction si
important qu’il en devient tout simplement invivable. Et selon une
logique similaire aux regroupements des acteurs de la production en
entreprises, les hommes s’y regrouperaient en Etats-Nations…
sous commandant.
« C’est comme si, en mon absence et sans mon accord, vous entriez dans mon appartement, vous asseyiez dans mon fauteuil et prétendiez à vos amis que vous en êtes le propriétaire. Vous ne m’avez pas privé de ma propriété puisque vous aurez disparu à mon retour, pourtant je suis privé de l’usage exclusif de ce bien. »
Absulument pas. Vous pouvez très bien rentrer à l’improviste. De plus, ma présence risque fort d’abîmer votre propriété, en l’usant notamment. Vous n’avez aucune garantie que je vous la rendrai intacte, etc..
Rien de tel pour la propriété « intellectuelle ». Ce n’est pas parceque j’utilise une information que je vous en prive (je ne parle pas du fait de prétendre ou non en être l’auteur, ceci est un problème un peu différent).
Car sinon, il faudrait admettre qu’en roulant dans une voiture identique à la vôtre, je vous prive de quelquechose. En faisant des calculs avec les mêmes chiffres que vous, je vous prive de quelque chose. De quoi ?
Le fait, d’ailleurs, que je sois un être humain, donc construit à partir d’une information similaire à celle qui vous constitue (l’ADN), vous prive également de quelque chose. De quoi ?
De même, si je lis un livre photocopié, je ne vous prive pas de la jouissance d’un livre identique.
» Donc le simple fait de dupliquer un support de propriété intellectuelle (sans même en faire usage), c’est priver purement et simplement le propriétaire de son exclusivité. »
De quoi êtes-vous privé exactement ? Concrètement ?
» Certains collectionneurs (tous?) éprouvent du plaisir à se savoir l’unique propriétaire de l’original d’un tableau, ou d’un objet unique. »
Certains monopoleurs éprouvent du plaisir à être les seuls fournisseurs d’un bien. Et alors ? Cela ne leur confère aucun « droit ». La notion de plaisir est étrangère au débat.
sous-commandant Marco.
» Si on admet que le droit à la propriété intellectuelle n’existe pas du fait de la nature immatérielle des idées, des brevets ou des logiciels, alors qui voudra écrire des logiciels ou même développer de nouvelles idées? »
Ceci est un tout autre débat. Vous déviez sur le plan utilitariste. Mais je vais répondre à votre question.
Qui voudra écrire des logiciels ? Linus Torvald, et des milliers de développeurs à sa suite. Il y a justement un spécialiste de cette question ici:
http://fare.tunes.org/libre-logiciel.html#Objections
Qui voudra développer de nouvelles idées ? Platon, Aristote, Saint Thomas, Voltaire, Newton, Gauss, Laplace, Einstein, Popper, Mickaël Mithra :-), …
Trouvez autre chose.
Votre rélfexion est du même type que celle-ci: s’il n’y a pas d’Etat, qui fera la police ? Qui s’occupera des pauvres ? Qui éduquera nos enfants ? Qui nous fournira l’électricité ? Qui nous donnera du pain ? Qui nous bercera le soir pour nous endormir ? etc.
Vous, c’est: qui encouragera les artistes et les penseurs ?
Mickael, par ailleurs, acceptez-vous l’idée qu’une propriété
intellectuelle puisse être défendu par le jeu des contrats, quelques
soient les coûts engendrés ?
Si oui, estimez-vous que ces coûts sont énormes ?
pleutre rieur.
Entre parenthèses: quand vous m’envoyez des commentaires via le formulaire de mon site, indiquez une adresse mail, ce sera plus pratique. Merci beaucoup. Fin de parenthèse.
» Mickael, par ailleurs, acceptez-vous l’idée qu’une propriété
intellectuelle puisse être défendue par le jeu des contrats, quelques
soient les coûts engendrés ?
Si oui, estimez-vous que ces coûts sont énormes ? »
Question très intéressante. Oui, je pense que dans de nombreux cas le contrat peut jouer son rôle. Je pense notamment à des associations professionnelles qui s’engageraient à respecter un certain nombre de règles (comme de ne pas copier les innovations des autres) si elles veulent bénéficier des avantages de l’association. On peut montrer que la réputation et la déontologie ont beaucoup d’importance dans une société libre, mais ceci est un autre sujet.
Le secret professionnel est également très important. Il l’est déjà aujourd’hui, il le serait encore davantage.
Par ailleurs il y a beaucoup d’abus de propriété intellectuelle qui disparaîtraient (médicaments génériques interdits, « double-clic » breveté, etc…), abus inhérents à la propriété intellectuelle elle-même.
Dans le secteur de la musique, il y a beaucoup d’abus également, dus à des aberrations de ce système. Il y a sur la PL des spécialistes de ces questions, je les innvite à intervenir..
En ce qui concerne les oeuvres d’art, les abus sont énormes à mon avis. Je ne vois pas pourquoi, notamment, il faut qu’à chaque vente d’une de ses Âœuvres, l’artiste touche un pourcentage (fixé de manière parfaitement arbitraire, d’ailleurs). Il a vendu son Âœuvre une fois, ça devrait lui suffire (libre à lui de vendre plus cher au départ). Tout cela disparaîtrait probablement.
Ceci dit, je ne sais pas du tout quelles solutions seraient retenues à terme par les différents acteurs économiques, quelles solutions sont viables (stables) et lesquelles ne le sont pas.
Lemennicier consacre un chapître de son cours à ce sujet, mais malheureusement, il n’est plus en ligne: il faut acheter le CD-Rom maintenant !
« Si oui, estimez-vous que ces coûts sont énormes ? »
Aucune idée. A terme, les solutions contractuelles sont toujours moins chères que les solutions autoritaires, c’est tout ce que je sais (attention aux coûts cachés). Ce serait certainement cher dans un premier temps, puis de moins en moins: les bonnes solutions émergeraient de plus en plus, réduisant les pertes infligées par les erreurs, comme en toute autre matière.
M. Mithra,
Je reconnais bien volontiers que le débat se ramène à un débat sur la nature du droit, sur comment le garantir, etc… C’est un débat philosophique qui ne mènera (pour l’instant) nulle part.
Le fait de dupliquer l’information dont je suis la source ne me cause pas de préjudice matériel. Pourtant, vous me privez d’un droit: celui de disposer comme je l’entends du résultat de mon travail.
L’information dont on parle a coûté de longs efforts pour l’assembler. Au moment précis de sa création, son créateur en est effectivement l’unique propriétaire. Peu importe que l’état ou lui-même, par d’autres moyens, garantisse son exclusivité. Il en est l’unique détenteur et toute personne désirant y avoir accès devra passer par lui.
Admettre qu’une autre entité, qui aurait simplement dupliqué l’information qu’il a créée (sans son accord bien entendu), en soit aussi légitimement que lui le propriétaire, c’est donc le priver de l’usage libre du résultat de son travail.
Ce droit est l’une des bases du libéralisme classique.
Je suis surpris que vous ne m’opposiez pas une autre objection: et si la même information était inventée par plusieurs entités, indépendamment les unes des autres? Je dis que, dans ce cas seulement, elles seraient toutes propriétaires de cette information. Cela n’a guère de chances de se produire avec le code source de Windows, cependant vous ne pouvez pas copyrighter la phrase « il pleut aujourd’hui ». Nous voilà lancés dans un débat sur la théorie de l’information.
Quant à vos exemples de créateurs, êtes-vous sérieux? Croyez-vous donc vraiment que Voltaire (par exemple)
se serait donné tant de peine s’il n’y avait pas eu
les salons pour briller et les souverains pour le récompenser? Ne serait-il pas plutôt devenu un nouveau Diogène ou un philosophe de comptoir? Rappelons que Linus Torvalds a créé Linux pour réussir ses examens.
Je ne nie pas que « la beauté du geste » existe, mais elle est quand même rare.
Pour en finir sur le sujet, je dirais, à l’instar de ce que j’ai lu dans le « Québéquois Libre », que, en matière d’état, il y a suffisamment de branches à couper pour que la discusion sur « où doit-on s’arrêter? » soit plutôt futile.
Sous-commandant.
« Quant à vos exemples de créateurs, êtes-vous sérieux? Croyez-vous donc vraiment que Voltaire (par exemple)
se serait donné tant de peine s’il n’y avait pas eu
les salons pour briller et les souverains pour le récompenser? »
Ce n’est donc pas grâce à la propriété intellectuelle. Bien sûr qu’il faut des motivations (la gloire, l’argent, etc…), je ne le nie pas, loin de là .
Les souverains, en l’occurence, faisaient office de mécènes.
Donc, oui au mécénat, oui à la gloire. Mais non à la propriété intellectuelle !
« Rappelons que Linus Torvalds a créé Linux pour réussir ses examens. »
Ce n’est donc pas grâce au système de « propriété intellectuelle ». Vous apportez de l’eau à mon moulin. J’en suis ravi, mais en êtes-vous conscient ?
« Ce droit est l’une des bases du libéralisme classique. »
Je n’en suis pas si sûr, voyez-vous.
« il y a suffisamment de branches à couper pour que la discusion sur « où doit-on s’arrêter? » soit plutôt futile. »
Dans un sens, oui. La notion de « futilité » est relative. On peut être d’accords sur l’essentiel et s’en tenir là . On peut aussi avoir envie de creuser davantage. Personnellement, j’ai longtemps défendu la propriété intellectuelle (même l’anarcho-capitaliste Rothbard la défend…), mais j’ai changé d’avis. Et je trouve ce débat assez important, quand même.
« Je suis surpris que vous ne m’opposiez pas une autre objection »
Il y a des centaines d’objections à la propriété intellectuelle. La place manque ici pour les exprimer toutes, et je les ignore pour la plupart. Ce qui m’intéressait ici, c’était les objections de type jusnaturaliste, de type conceptuel, même si on en vient toujours à des débats plus utilitaristes, plus « concrets » mais au fond moins pertinents à mon sens.
L’explication de mes contre-exemples sur Voltaire ou sur Linus Torvalds n’était pas claire. Je vais la reprendre.
Si Voltaire n’était pas raisonnablement sûr de pouvoir bénéficier (financièrement et moralement) d’être l’auteur exclusif de Candide et que n’importe qui puisse légitimement (sans être inquiété) en faire la copie, l’aurait-il écrit? Aurait-il pu se prévaloir dans les salons d’en être l’auteur si n’importe quel imprimeur avait pu recopier Candide? Vous me permettrez d’en douter, surtout vu que Voltaire était de faible extraction et que son talent a mis beaucoup de temps à être reconnu. Le plagiat était une réalité à l’époque déjà .
La notion de propriété intellectuelle n’a rien à voir avec le fait que c’est aujourd’hui l’état qui la garantit!La propriété intellectuelle peut être protégée par d’autres moyens: dispositifs anti-copie, filigranes, water-marking, non-révélation du source d’un logiciel, cryptage, etc…
La question est finalement de savoir si un droit (de propriété intellectuelle par exemple) existe dans l’absolu ou bien n’existe que dans la mesure où il est effectivement accepté par tous.
Je frémis à l’avance à l’idée que les droits de l’homme ne soient plus valables qu’auprès de ceux qui les reconnaissent.
«Oui, je pense que dans de nombreux cas le contrat peut jouer son
rôle. Je pense notamment à des associations professionnelles»
J’envisageais quelque chose de beaucoup plus simple. Par exemple, je
vous vend un produit, mais le contrat de vente* que vous signez
limite l’usage que vous pouvez en faire (par exemple vous vous
engagez à ne pas commercialiser une copie) et vous donne des
obligations en matière de protection des informations liées à sa
technique de fonctionnement. Si un magazine veut, après l’avoir
acheté, en venter les prouesses techniques, il devra se couvrir par le
contrat passé avec ces lecteurs… etc etc… (*on peut éventuellement
considérer qu’il ne s’agit plus ici de vente au sens habituel du terme)
D’ailleurs, une partie des produits protégés par la propriété
intellectuelle aujourd’hui est vendue avec des licences de ce type.
Tout çà pour dire que la propriété intellectuelle peut exister dans un
«««« monde libre »»»».
» La notion de propriété intellectuelle n’a rien à voir avec le fait que c’est aujourd’hui l’état qui la garantit!La propriété intellectuelle peut être protégée par d’autres moyens: dispositifs anti-copie, filigranes, water-marking, non-révélation du source d’un logiciel, cryptage, etc… »
Alors là , nous avons avancé. Il s’agit d’un éclairage fondamental sur la discussion et je vous remercie de l’avoir apporté.
« dispositifs anti-copie, filigranes, water-marking, non-révélation du source d’un logiciel, cryptage »
Entendons-nous bien: ces méthodes sont entièrement conformes au droit (je parle du droit naturel, c’est-à -dire du droit d’être souverain sur sa propriété légitime -matérielle) et je les approuve totalement.
Mais ce n’est pas pour autant que la « propriété intellectuelle existe ». Ce que je veux dire, c’est que vous avez le droit, par exemple, de vendre un CD rom qui s’autodétruit au bout de 24h. Mais l’acheteur a également le droit de le copier s’il y parvient.
Est-ce que nos divergences ne seraient que verbales ?
Pleutre rieur.
« J’envisageais quelque chose de beaucoup plus simple (…) »
Entièrement d’accord avec votre modèle. Pourquoi pas, en effet.
Mais, au risque d’insister sur une question de terminologie, cela ne fait pas de la « propriété intellectuelle » un concept valide. Si je m’engage par contrat vis-à -vis d’untel à ne pas diffuser telle ou telle information, cela ne veut pas dire qu’untel est « propriétaire » de l’information en question. Cela veut simplement dire que je m’engage à certaines actions, dans un cadre donné. C’est contractuel, comme vous dites.
Je prends un exemple pour bien me faire comprendre. Le jeu de « ni oui ni non », où aucun joueur ne doit employer les mots « oui » et « non ». Jeu facile et amusant.
On peut imaginer un contrat: celui qui perd donne 10 euros aux autres.
Nous sommes dans le cas que vous décrivez: engagement contractuel de ne pas diffuser une information (les mots « oui » ou « non »), sous un support donné (la parole), dans un cadre donné, pour une période donnée. Eh bien, cela ne rend pas les autres joueurs « propriétaires » des concepts/idées/mots « oui » et « non ».
» Mais, au risque d’insister sur une question de terminologie, cela ne
fait pas de la « propriété intellectuelle » un concept valide. »
Soit. Mais acceptons pour le moment cette étiquette par pur
commodité de langage.
1. Nous sommes donc d’accord sur le fait que par le jeu des contrats,
on peut arriver à une situation qui, du point de vue du résultat, est
comparable à notre « propriété intellectuelle » institutionalisée.
(Puisqu’en effet, la « propriété intellectuelle » telle qu’on la connaît ne
s’impose à aucun producteur)
2. Il n’est donc pas possible de condamner la « propriété intellectuelle »
(je désigne par là notre législation, pas un concept de propriété
valable en soi) sous prétexte qu’elle n’existe que dans une société où
l’Etat exerce la violence, et pas dans une société ««««libre»»»». En
règle générale, la « propriété intellectuelle » (ie la volonté de se
protéger de la copie) est une liberté du producteur dans la société
««««libre»»»».
3. On n’en revient donc à un débat entre loi et contrat. D’un point de
vue utilitariste, je pourrais justifier ma préférence pour la loi à deux
niveau :
– la loi permet une « propriété intellectuelle » à moindre coût.
– les individus ont intérêt à ce qu’existe une « propriété intellectuelle »,
mais par oppportunisme, il est probable qu’ils préfèrent ne pas
révéler cette préférence.
« 3. On n’en revient donc à un débat entre loi et contrat. D’un point de
vue utilitariste, je pourrais justifier ma préférence pour la loi à deux
niveau :
– la loi permet une « propriété intellectuelle » à moindre coût.
– les individus ont intérêt à ce qu’existe une « propriété intellectuelle »,
mais par oppportunisme, il est probable qu’ils préfèrent ne pas
révéler cette préférence.
»
Nous revenons ici à un débat classique sur ce qui différencie la loi du contrat.
Le problème de la loi est qu’elle est aveugle. Il y a des cas où la « propriété intellectuelle » est mauvaise, nuisible ou inutile. D’autres cas où elle doit être protégée d’une certaine façon. La loi empêche l’émergence de solutions adaptées. C’est d’une importance capitale. Elle peut paraîre réduire les coûts, mais en réalité, elle les augmente, comme en tout autre domaine.
Classique, donc.