La figure du «consommateur intelligent» a toujours été un bon moyen de flatter la vanité de l’acheteur pour que son choix se porte sur des produits plus chers, pas forcément de meilleure qualité, mais bénéficiant d’une plus-value «morale». Après avoir connu le fameux «achetez français» nous voilà donc invités à consommer de «l’équitable». A l’occasion de la «Quinzaine du commerce équitable» un grand distributeur tente de profiter de la mode du moment –le commerce dit «équitable»- pour prendre de l’avance (si on peut dire) sur ses concurrents. Et il n’hésite pas, pour cela, non seulement à vendre des produits qui seraient issus de ce commerce, mais également à nous vendre le concept.
Politisation du commerce
Sur un des sites dont la visite est proposée sur le portail du distributeur, on peut lire ceci: «D’un moyen de relation entre les hommes, le commerce est souvent devenu un enjeu de pouvoir et de profit privé lié à la spéculation à court terme. Inéquitable, cette forme du commerce banalise une relation de dominant/dominé»
Moi qui pensais bêtement que le commerce consistait à vendre les meilleurs produits possibles au meilleur coût et moins chers que les concurrents, et que les consommateurs avaient intérêt à les acheter sans se préoccuper de savoir d’où ils viennent, ni qui les a fabriqués, me voilà sommé de résoudre un problème moral voire politique: dois-je aider les petits producteurs du Tiers-monde («small is beautiful») ou permettre aux gros distributeurs de s’enrichir grâce à moi et de renforcer ainsi la «domination» des multinationales ou des gros producteurs, qui -comme nous le savons tous si nous avons un minimum de connaissance de la vulgate marxiste- exploitent scandaleusement les «petits»?
C’est l’air du temps, désormais, de politiser ses achats. Achetez «équitable» et adhérez au parti communiste, achetez «moral» et lisez notre manifeste pour le «commerce équitable», le «développement durable» ou mieux: engagez-vous dans une association qui lutte contre la mondialisation capitaliste. Soyez solidaires et dépensez une proportion de vos ressources pour subventionner les producteurs éthiquement corrects. Quant aux autres, ceux dont je fais partie, que leur reste-t-il sinon de jouer le même petit jeu en boycottant les distributeurs qui font la promotion d’une politique et d’une idéologie crypto-marxistes?
Ce qui est bon pour la politique (voir l’article de Mickaël Mithra dans le Québécois libre: « le pouvoir politique est la capacité dÂ’une personne ou dÂ’un groupe dÂ’imposer certains des choix existants en détruisant les autres par un processus de restriction ») est mauvais pour le commerce, et ce qui est mauvais pour le commerce lÂ’est aussi pour tout le monde, y compris les petits producteurs du Tiers-Monde qui sÂ’enferment dans une logique du non-développement puisquÂ’ils sont dès lors condamnés par lÂ’idéologie du commerce «équitable» à demeurer indéfiniment dans cette petite niche économique que ledit commerce a pour principe de protéger.
Le «commerce équitable», on l’aura compris, est un cheval de Troie du socialisme. Acheter les produits dudit commerce est un engagement politique dont les motivations idéologiques sont par nature contraires au commerce libre. Pour l’instant il ne s’agit que d’une opération non étatique destinée à exploiter la mauvaise conscience des consommateurs occidentaux mais bientôt, lorsque les consommateurs «intelligents», qui sont aussi des électeurs, formeront un groupe de pression, on peut être sûr qu’un entrepreneur en politique saura séduire ces nigauds en proposant de rendre obligatoire pour tous ce qui n’est jusqu’à présent qu’un choix du consommateur, par exemple en subventionnant ou en privilégiant les distributeurs qui font la part belle aux produits issus du commerce «équitable». Il suffit d’attendre le retour au pouvoir des socialistes et des Verts
Une escroquerie intellectuelle
De fait, le «commerce équitable» n’est pas quelque chose de neutre, c’est un «concept» inventé par des adversaires du marché libre et c’est certainement le prétexte à toutes sortes de taxes et réglementations (1). Que ce soit l’intérêt de Leclerc dans le contexte français de faire sienne cette escroquerie conceptuelle est finalement assez logique, mais il n’en reste pas moins que c’est une chose nuisible en raison de son incohérence et des idées fausses quÂ’elle propage.
Le «commerce équitable» est un slogan racoleur et une escroquerie intellectuelle. Comme l’idéologie qui sous-tend cet appel est fondée sur la prétendue exploitation et la théorie marxiste d’un rapport dominant/dominé, se référer à cette notion équivaut à avaliser tout un tissu de contrevérités sur le commerce libre, l’exploitation capitaliste et la mondialisation capitaliste, contrevérités auxquelles Peter Bauer a tordu le coup depuis longtemps et plus récemment Johan Norberg
L’absurdité du concept est évidente dès que l’on comprend qu’il s’oppose à la liberté du commerce alors que le commerce libre est nécessairement équitable. En effet, dès lors qu’un producteur n’est pas contraint, ni par la loi, ni par la force, de réaliser un échange, dès lors que la loi ou la force n’imposent pas à l’acheteur un fournisseur privilégié, la justice commutative(2), la seule qui ait un sens dans les échanges, est accomplie. Or ce qui est juste ne saurait être inéquitable.
Mais puisque «le commerce équitable» est une idée fausse, pourquoi a-t-elle autant de succès? La raison tient au fait qu’elle cristallise toutes les idées du combat intellectuel anti-capitaliste, anti-libéral et anti-mondialisation. Il suffit de consulter les sites qui en font la promotion, et de lire les textes théoriques qui les alimentent. Exploitation de la main-d’œuvre, précarité des emplois, absence de droits sociaux…
Comme si les droits sociaux avaient été un point de départ dans la prospérité des pays occidentaux. C’eût été le cas que nous n’aurions jamais connu l’essor et le développement économiques dont les fruits ont été dilapidés et gaspillés par les socialistes, parasites du capitalisme. Le capitalisme de libre marché est le seul régime économique créateur de richesse et de bien-être à long terme. Le socialisme détruit la richesse et partage la pauvreté, le capitalisme conduit à une prospérité inégalement «partagée» mais juste, et à une élévation du niveau de bien-être ainsi qu’à un gain en dignité grâce à l’indépendance individuelle, mais aussi à la diffusion d’une morale de la responsabilité et de l’estime de soi. Grâce à la mondialisation capitaliste, chaque jour les choses s’améliorent (Voir sur ce point, Norberg, Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste, chapitre 1, éditions Plon, 2004).
Au lieu d’accepter les faits de l’amélioration rapide des conditions de vie des populations qui acceptent les règles du commerce libre, les «équitabilistes» veulent appliquer la bonne vieille méthode constructiviste: on échafaude une utopie, un plan, et on force la réalité à s’y conformer. Les effets pervers sont déjà présents virtuellement dans le système comme dans toute utopie socialiste. La liberté, quant à elle, n’a pas ce défaut, elle est adaptative, et les problèmes sont résolus par une multitude d’individus qui inventent de nouvelles solutions en coopérant.
N’oublions pas que cette utopie du «commerce équitable» est préfabriquée dans les cerveaux des «alter-mondialistes» à bon droit qualifiés d’alter-comprenants puisqu’ils sont incapables de percevoir l’inanité de leurs concepts en s’accrochant à une idéologie de type marxiste, celle qui a causé les plus grands désastres économiques de l’histoire, d’une part en conduisant des nations entières à la faillite et d’autre part, ce que l’on voit moins, en détruisant les capitaux qu’avait accumulés le capitalisme pour le bien-être de tous.
Les croisés du «commerce équitable» veulent défendre les petits producteurs «exploités» du Tiers-Monde? En réalité ils les utilisent pour définir un nouveau prolétariat mondial. Et gare à ceux de ces producteurs qui voudraient dépasser le stade artisanal en adoptant un mode de production avec des machines, de l’engrais, bref, en utilisant leurs profits pour faire autre chose que de la microproduction lambda, ils perdront immédiatement leur vrai «capital» (aux yeux des alter-mondialistes) qui est celui d’être pauvres et donc de susciter la compassion des riches Occidentaux qui achètent leurs produits. Voudrait-on nous rejouer la lutte des classes?
(1)On peut déjà lire cet appel à l’intervention étatique: «Les Etats devraient garantir les droits de leurs citoyens à s’associer librement et à négocier collectivement, appliquant correctement la législation sociale. Les consommateurs ont la possibilité d’acheter des marques qui respectent les droits sociaux.»
( actionconsommation.org )
(2)« La distinction entre ces deux espèces fondamentales de la justice se rattache étroitement à la distinction que nous avons établie entre la justice légale et la justice particulière. La justice particulière vise en effet une personne privée, qui n’occupe d’autre place dans la communauté que celle qu’occupe une partie quelconque à l’intérieur d’un tout. Or si l’on considère l’une de ces parties par rapport à une autre partie, on voit naître un simple rapport entre deux personnes privées, et les rapports de ce genre sont régis par la justice commutative, régulatrice des échanges qui s’établissent entre deux individus. Mais on peut considérer au contraire l’ordre qui s’établit entre le tout et ses parties, c’est-à -dire l’ordre qui répartit entre les différents individus ce qui leur appartient en commun; les rapports de ce genre sont régis par la justice distributive, qui veille à ce que chaque membre de la communauté reçoive la part proportionnelle des biens communs à laquelle il a droit (Sum. theol., lIa Ilao, 61, 1. Concl.). Dans l’un et l’autre cas la justice demeure fidèle à sa fonction propre, qui est d’assurer le juste milieu et de maintenir l’égalité entre les deux parties en présence, mais cette égalité n’est pas de
même nature selon qu’il s’agit de justice commutative ou de justice distributive» (saint Thomas, textes sur la morale, traduits et commentés par Etienne Gilson, éd. Vrin).
Notons que, puisque RIEN n’appartient à la société en tant que telle, la justice distributive appliquée au tout social n’a aucune signification. CQFD
La grande question c’est tout de même pourquoi les antimondialistes et autres marxiste sont contre la connerie équitable. Ont-ils peur de devenir moins débile ?
je ne comprends pas cette question. Les antimondialisations SONT pour le commerce équitable.
Exemple:
« secouer les rapports de domination »
http://www.monde-diplomatique.fr/1996/05/DECORNOY/2761
(plaidoyer crypto-marxiste et anticapitaliste)
Marc, je crois que c’est un vieux troll qui revient. Je vais devoir le bannir à nouveau.
Ce qu’il y a de rigolo, c’est que Leclerc qi est le champion du commerce inéquitable en France, voudrait se présenter comme un honnête citoyen à l’étranger. Et pourtant, lui et ses barons s’entendent comme larrons en foire quand il s’agit d’écraser le petit industriel, et de le faire travailler à perte. De toute façon, ce concept est totalement bidon, notamment pour les plus modestes qui n’ont aucun intérêt à payer plus cher le même produit. La boboïsation de notre pays n’a décidément pas fini de faire des ravages.
Petit rappel simple d’économie:
Il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas.
Ce qu’on voit, c’est que lorsque le libre-échange est instauré entre des pays de richesses différentes le Producteur du pays pauvre perd des parts de marché.
Ce qu’on ne voit pas, c’est que le Consommateur du pays pauvre achète ses produits moins chers qu’avant.
Les prix doivent s’harmoniser, ce qui devrait tuer les producteurs du Tiers-Monde si leur productivité était 50 fois moindre que dans les pays riches…
Et voilà tous les Bovés qui viennent hurler dans les micros et saccager des macdos. Sauf qu’ils ont oublié une petite chose que leurs cervelles de niais ne peuvent appréhender.
Le Consommateur regagne exactement ce que le Producteur a perdu.
L’individu vendait 10 francs, il ne vend plus que 5 francs; il payait 10 francs, il ne paye plus que 5 francs. Le pouvoir d’achat ne baisse pas.
Ca, c’est de manière globale et si les produits échangés sont les mêmes.
Mais on peut encore aller plus loin. Pour chaque individu pris un par un, le libre-échange va être parfois avantageux, parfois désavantageux, à cause de la loi des avantages comparatifs. Certains produits devront être produits dans les pays pauvres, d’autres dans les pays riches. Cette spécialisation fait augmenter le pouvoir d’achat dans les pays riches et dans les pays pauvres, même si la productivité de chaque activité économique ne progressait pas, car l’avantage du libre-échange est développé et son inconvénient disparaît, par la spécialisation.
Tout ça pour inciter les ignares antimondialistes à retourner à l’école (ou plutôt non, surtout pas à l’école!!!)…
L’alternative commerce équitable-commerce inéquitable situe dans le monde socialo-communiste que veulent construire ceux qui instillent l’alternative.
Le commerce équitable, c’est en vérité le prétendu échange à quoi les hommes du parti ou leurs apparatchiks ont recours et imposent à leurs « esclaves-sujets ». En France, c’est par exemple, les échanges dans le cadre de l’organisation de la sécurité sociale.
Le commerce inéquitable, c’est l’échange sur le marché noir que sont parvenus à créer les « esclaves-sujets » malgré la police et les inspecteurs d’état.
Dans un contexte de droit (propriété, responsabilité et liberté d’échange-contrat), il y a l’échange (ou, si préfère rester au XVIIIè siècle, le commerce), qu’il soit bilatéral, ou au sein d’une firme ou de marché organisé. Si les parties ont échangées, c’est que chacune tire un gain de l’échange qu’elle évalue à sa façon et que personne ne saurait connaître. En d’autres termes, personne ne saurait porter un jugement de valeur sur un échange à quoi il n’est pas partie.
Le gain de chaque partie est à ne pas confondre avec ce qui est échangé.
Les socialo-communistes ont le culot de qualifier cet échange inéquitable.
Il y a aussi l’échange que les hommes de l’état mènent, où ils sont parties, et qui fait intervenir dessous de table et prévarications (« financement de parti politique »).
Il y a enfin l’échange obligatoire qu’ils instituent entre les obligés et où ils se servent au passage (cas des échanges dans le cadre de la SS).
Ces deux derniers types d’échange rejoignent l’échange équitable socialo-communiste.
Il est à souligner que les socialo-communistes ont changé de vocabulaire : hier, ils parlaient de l’échange inégal, aujourd’hui, ils parlent de commerce équitable. Ils sont ainsi passés d’une application absurde de l’arithmétique à l’échange à une application tout autant absurde de ce qu’ils dénomment « équité » – vraisemblablement, l’équité, c’est prendre aux riches – au commerce.
« et que les consommateurs avaient intérêt à les acheter sans se préoccuper de savoir dÂ’où ils viennent, ni qui les a fabriqués, »
Bravo ! Enfin un courageux pour soutenir le travail forcé et l’esclavage !
citation tronquée, déformée:
Marc ne défend nullement l’esclavage. C’est même tout le contraire d’une position libérale.
Troll. Dernier commentaire de ce genre.
« Marc ne défend nullement l’esclavage. C’est même tout le contraire d’une position libérale. »
Très bien.
Est-ce que Marc Grunert autorise les boycots, embargos, ou tout auter technique pour empécher la vente de biens fabriqués par des travailleurs forcés ?
La notion de boycott est une notion délicate à manipuler :
– si elle signifie que chaque individu est libre de choisir d’acheter ou de ne pas acheter tel ou tel produit SUR LES CRITERES DE SON CHOIX (je m’abstiens pour ma part de fumer castriste…), alors elle signifie ni plus ni moins qu’une application simple des théories libérales;
– si elle signifie que chacun est libre de faire de la propagande ou de la contre-propagande pour tel ou tel produit A PARTIR DE SES PROPRES JUGEMENTS DE VALEUR, alors encore une fois elle répète le discours libéral;
– mais si elle signifie qu’un état, ou un groupe d’individus quelconque, s’arroge par l’emploi de la force, le droit d’empêcher les gens d’acheter un produit qu’il aura lui-même décidé de déclarer « immoralement fabriqué » ou « déloyalement concurrent », voire même de le détruire (genre cultivateurs du sud-ouest avec les agrumes méditerranéens dans les années 70 et 80) alors il s’agit de l’exercice d’une dictature qui prétend faire des choix à la place des individus.
Remarquez, cher pleutre, que Marc critique la notion de commerce équitable (qui est effectivement née d’une interprétation imbécile de l’économie par quelques recycleurs de déchets idéologiques marxistes) mais ne suggère en rien l’interdiction de la commercialisation de tels produits.
Ne confondez pas la critique libre et l’interdiction collectiviste, sans quoi vous ouvrirez toutes grandes les portes de la servitude volontaire.
Valium a écrit: « Remarquez, cher pleutre, que Marc critique la notion de commerce équitable (qui est effectivement née d’une interprétation imbécile de l’économie par quelques recycleurs de déchets idéologiques marxistes) mais ne suggère en rien l’interdiction de la commercialisation de tels produits. »
En effet, tant que la règlementation n’est pas utilisée pour forcer à consommer de l' »Ã©quitable », tant que de l’argent public n’est pas utilisé pour promouvoir le prétendu commerce équitable et qu’il se limite à exploiter le désir de certains consommateurs de choisir leurs producteurs (ceux qui se plient volontairement à certains critères d’équitabilité, quoi que cela puisse vouloir dire dans l’esprit des consommateurs – du moment que ce ne sont pas des producteurs subventionnés) il n’y a rien à dire sauf que ceux qui se prêtent à cette mascarade sont des gogos.
Le Commerce équitable, n’est ce pas-là plutôt un nouveau capitalisme, certains semble oublier que la liberté de choix est un élément du capitalisme et que de choisir un produit en y incluant de la morale est un choix, la société évolue et le consommateur également, le fait de rajouter un concept moral dans sa décision d’achat n’a rien de socialiste, le consommateur devient responsable de ses achats en les ciblant quitte à payer différemment pour élever les futurs générations au-delà de sa nature actuelle, l’acheteur responsable induit une compétition entre ceux qui profite sans vergogne des êtres humains et ceux qui respecte l’humains et si les premiers ne s’adapte pas il disparaîtront, c’est une loi de la nature et du capitalisme, les faibles seront éliminés.
Superbe article Marc ! qui résume fort bien la problématique !
Histoire de commenter je reviens toutefois sur ce que j’avais écrit a Eric par mail…
Je ne souhaite pas dédouaner Leclerc mais au delà de ce cas particulier je pense que nos propos, sans être indulgents, doivent tenir compte de la réalité de l’entreprise. En France comme ailleurs, un offreur doit constamment séduire et s’adapter à ses clients sous peine d’être sanctionné durement par le porte monnaie de ses mêmes clients. Le cas des grands distributeurs est à cet égard un des plus sensible (des commerçants honnis la plupart du temps qui travaillent à marge courte)
En France, les clients sont malheureusement nombreux à adhérer aux « valeurs » véhiculées par les altruistes/constructivistes et la réalité quotidienne dans une boite c’est le salaire à payer à la fin du mois, la motivation nécessaire de salariés majoritairement socialistes et les résultats financiers attendus par les actionnaires ! Cela oblige l’entrepreneur à ne pas se mettre en porte à faux avec les opinions partagés par tout ou partie de ses marchés ou de ses partenaires. Cela passe par des compromis… parfois (souvent !) merdiques.
Ainsi le choix de promouvoir cette imbécilité intellectuelle et d’en faire un argument de vente me parait tout à fait inconvenant.
Tout ce que j’espère c’est que la Direction n’y crois qu’à moitié et que les « Bobos » et autres ahuris crypto marxistes vont, en croyant acheter « équitable », gonfler les marges opérationnelles de Michel Edouard !
Quant à nous n’achetons surtout pas « commerce équitable » et encourageons tout ceux qui nous entourent à ne pas le faire… C’est un des moyens pour ruiner ce genre d’opérations.
Quant au crétin qui te traite plus ou moins d’esclavagiste son cas est désespéré…
je comprends parfaitement qu’un entrepreneur « cynique » (au sens du « cynisme de l’économie de marché » chère aux gauchistes pour qui il faut « abolir l’économie » :-)) a tout intérêt à utiliser les modes du moment pour faire des bénéfices. A la réserve près qu’il risque de couper la branche sur laquelle il est assis. Pour un profit à court terme ils font la promotion d’une idéologie qui aura des effets à long terme, et qui risque bien de se retourner CONTRE EUX.
Bon nous avons acheté du sucre de canne équitable provenance Vénézuéla, qui sucre beaucoup moins que du sucre de canne X Y ou Z
sans commentaire équitable
R SIMON
un rayon ‘équitable’, un rayon ‘produits locaux’ dans une grande surface sont une assurance contre de la casse par certains groupes bien connus qui ne sont pratiquement jamais sanctionnés. Le chiffre d’affaire relatif reste très faible.
» un rayon ‘équitable’, un rayon ‘produits locaux’ dans une grande surface sont une assurance contre de la casse par certains groupes bien connus qui ne sont pratiquement jamais sanctionnés. »
Pas bête. C’est toute la question de la stratégie à adopter devant les terroristes: les caresser dans le sens du poil ou leur foutre un coup de pied au cul ?
pas de ‘ou’ Mickaël. L’État a le monopole du pied.
« re: Commerce équitable
Posté par: RSIMON le 19/05/04 07:32:35
Bon nous avons acheté du sucre de canne équitable provenance Vénézuéla, qui sucre beaucoup moins que du sucre de canne X Y ou Z
sans commentaire équitable
R SIMON »
———–
Oui ! Il y a sans doute beaucoup d’autres exemples très concrets. Le café « équitable » mais sans arôme « équitable » :-) par exemple.
Si je comprends bien le commerce « équitable » consiste à payer volontairement plus cher ce qui vaut moins cher. Pour moi, c’est tout simplement de la charité, comme quand on donne à un mendiant (à cette différence près que dans la structure « commerce équitable », il faut aussi nourrir les « intermédiaires » qui en font LEUR COMMERCE!).
Et quelle est le système économique autorisant de financer cette assistance? Voyons, c’est celui qui engendre suffisamment de richesses pour permettre de la pratiquer: le capitalisme.
Alter-comprenants de tous les horizons, désunissez-vous.
Plutot de l’avis d’Eric. Le commerce équitable n’est peut-être pas l’avenir du capitalisme mais une évolution possible et sans doute enviable. Je crois que le consommateur a toujours raison et si une partie de la population souhaite conscientiser sa consommation de café (ou autre) en achetant des produits qui permettent à leurs producteurs de vivre décemment, alors les entreprises ont intérêt à alimenter ce segment de marché.
En tant que consommateur, j’inclus moi même autre chose que la qualité intrinsèque d’un produit et son prix dans mes critéres de choix. Si tu ne fumes pas castriste, moi je ne roule pas en 4*4 car je n’ai pas envie de consommer 20 litres au 100km et polluer la ville dans laquelle j’habite. Je retraite mes déchets et ne laisse pas couler mes robinets inutilement car je sais que l’autre est une ressource rare. Des considérations écologiques ou sociales font ainsi partie intégrante de mes choix économiques (libres).
Le commerce équitable est sans doute récupéré par des mouvements alter-mondialistes mais je crois qu’il s’agit à la base d’une initiative purement économique, sans aucune prétention marxiste. Le commerce équitable n’implique pas nécessairement une intervention étatique ou la mise en place de nouvelle lois. Il mise au contraire sur la liberté de choix de chacun. Le libre jeu du marché fera un jour que si la majorité des consommateurs achètent comme moi équitable, alors toutes les entreprises du monde devront se prévaloir de payer suffisamment leurs fournisseurs du sud, de respecter l’environnement et de ne pas gaspiller les ressources de notre planète.
Dernière chose, selon moi, le commerce équitable ne se retournera pas contre les produteurs de café équitable en empêchant leur développement. Je crois que la préoccupation des petits cultivateurs de café d’Afrique ou d’Amérique du sud est avant tout de manger à leur faim, pas de créer à leur tour une multinationale du café.
Merci en tout cas d’offrir un débat intéressant.
L’idée de CE est marxiste à la base parce que justement elle laisse entendre que le commerce n’est pas équitable en lui-même, et comme tu l’écris plus bas:
CQFD.
Ce n’est pas le but de tous, mais l’entrepreneur qui voudra monter une entreprise efficace permettant in fine de distribuer des plus gros revenus à ses employés (et de faire fortune à titre personnel…) sera effectivement empêché si le « CE » devient plus qu’une mode bobo.
Il faut bien être conscient que le produit vendu n’est pas tellement le café ou autre, mais les images de pauvreté des producteurs. Si ils cessent d’être pauvres, ils perdent leur appel marketing, et comme il y aura toujours d’autres plus pauvres qu’eux, parfois avec un autre produit à vendre, les consommateurs dépenseront leur « budget équitable » sur d’autres pauvres… et les premiers seront au même point qu’avant…
Heureusement je pense que ce CE restera un argument marketing, un « produit d’appel » pour se donner bonne conscience, et que l’impact sera limité.
lol! Je viens de me découvrir marxiste !
Quelle rigolade… L’idée marxiste est bien différente : le commerce est
un jeu à somme nulle où il y a un perdant et un gagnant.
On peut être en total désaccord avec cela, sans pour autant affirmé
que le commerce est par nature équitable. Ce n’est pas parce que
l’échange bénéficie à tous les participants, que chacun en bénéficie
dans les mêmes proportions.
C’est marrant que vous prétendiez avoir des réfléxions sur ce que doit
être la société sans maitriser des problématiques de base comme
celle là !
j’ai évidemment oublié, tellement c’est évident pour moi, de dire que c’est le commerce libre qui est par essence équitable.
C’est une idée « marxiste » de croire que le commerce libre n’est pas « équitable » (et il faudrait définir précisément ce mot, pour moi c’est juste un raccourci pour dire « juste pour les deux parties ») parce que le marxiste croit en des rapports de force et en tire comme conclusion que même libre le commerce ne sert que les intérêts d’une des deux parties en présence. En fait, il nie carrément la liberté d’une des deux parties en l’appelant « classe dominée » qui de fait ne pourrait/saurait s’abstenir de contracter à ses dépens (ah qu’ils sont cons ces dominés!).
Et comment on vérifie les « proportions » ? Réponse: c’est impossible, même si on limite la notion d’ « équité » au seul plan financier.
L’équité n’existe que pour ceux qui s’engagent dans la transaction: s’ils jugent qu’elle sert leurs intérêts, ils la font. Si l’une des deux parties estime pouvoir retirer plus de son bien/service alors elle refusera la transaction et cherchera un nouveau client/preneur.
Si un client veut payer plus car il se sent « coupable » de payer « moins » un producteur répondant à certains critères (il faut qu’il soit pauvre et exotique en général), il peut aussi le faire. Et la transaction sera toujours « équitable ». Le client aura juste acheté en plus du produit un peu de bonne conscience.
L’intervenant précédent écrit :
« Ce n’est pas parce que l’échange bénéficie à tous les participants, que chacun en bénéficie dans les mêmes proportions. »
Mais si, justement. Et c’est pourquoi la référence implicite à l’arithmétique ou aux sciences physiques est nulle et non avenue.
Chacun en bénéficie dans les mêmes « proportions », celles de sa singularité d’être humain, d’une singularité que vous ne pouvez pas connaître, ni évaluer, ni comparer à quoi que ce soit, mais que vous devez admettre !
Il ajoute :
« C’est marrant que vous prétendiez avoir des réfléxions sur ce que doit être la société sans maitriser des problématiques de base comme celle là ! »
Qui a eu une telle prétention ? Personne car, en particulier, ce n’est pas une problèmatique libérale et car le libéral n’a pas de problématique, mais une norme.
Chacun, me semble-t-il, a des réflexions sur les agressions dont il est victime du fait des réglementations socialo-communistes, visibles ou invisibles, maquillées (comme l’équitabilité) ou non, imaginées et concoctées, Ô culot illimité, au nom des droits de l’homme.
Chacun est conscient que chaque réglementation, nécessairement socialo-communiste ne peut qu’être une agression,
– car, par définition, elle ne repose pas sur la propriété, la responsabilité et l’échange-contrat, seules règles de droit susceptibles de protéger l’être humain, et
– car, étant donné les objectifs qui lui sont assignés comme la réduction des inégalités, la disparition de la pauvreté, elle ne peut que, d’un côté, être coûteuse pour les gens et, de l’autre, accroître le fromage du réglementeur et de ses copains.
Chacun est aussi conscient que cela ne durera qu’un temps étant donné la croissance des coûts en question : l’URSS a duré un petit peu plus de soixante dix ans à cause de cela.
Etant donné les progrès technologiques en cours, on peut espérer que les réglementations socialo-communistes que nous connaissons s’autodétruisent avant une telle durée.
Si c’est très possible. Par exemple, lorsques quelques centrales
d’achat achetent leur production à des agriculteurs pour un prix qui
couvre tout juste les couts de production, et la revende avec des
profits énormes, biens supérieurs à leur propre coût de production.
Clairement, c’est ici un exemple ou l’échange est favorable aux deux
partie, mais dont le surplus bénéficie majoritairement à l’une d’entre
elle : un échange inéquitable.
Cher Peultre rieur, vous dites:
Ce dont vous nous parlez ici, c’est d’une chaîne d’intermédiaires qui retirent chacun des profits différents du transit de la marchandise, c’est bien cela ? Vous dites que tous ces intermédiaires ne devraient pas gagner davantage que le producteur, c’est bien cela ? Et pourquoi ? Si les intermédiaires prennent, par exemple, plus de risques financiers que le producteur, ne faut-il pas que leur rémunération soit plus élevée ? Et si elle doit être inférieure, de combien doit-elle l’être ? Et au nom de quoi voulez-vous qu’elle soit précisément égale, puisque le « producteur » et « l’intermédiaire » exercent des métiers différents, dans des conditions différentes, avec des risques différents. Il n’y a tout simplement aucune raison pour affirmer que leurs gains devraient être identiques, réalisant ainsi « l’équité ». Car si les gains financiers sont identiques alors que les risques de l’un sont incomprablement plus importants que ceux de l’autre, auriez-vous encore l’outrecuidance de prétendre qu’il y a équité ? Non, sauf sivous êtes marxiste (désolé… il y a beaucoup de marxistes qui s’ignorent de bonne foi). Un marxiste considère que la valeur est calculable d’après le temps de travail nécessaire à la production d’un objet, ce qui implique d’ailleurs que l’intermédiaire ne devrait pas être rémunéré du tout…
Désolé, mais celui qui ne maitrise pas les concepts, c’est bien vous.
Votre théorie s’écroule encore plus lorsqu’on prend conscience qu’en dernière analyse, il n’y pas de différence de nature entre « producteur » et « intermédiaire », lesquels sont à la fois et nécessairement producteurs ET intermédiaires
Peu importe. On peut tout à fait prêter aux uns et autres des vertus
qui rendent l’inégalité équitable. On pourrait s’amuser comme cela
longtemps. Mais çà ne change rien aux concepts comme vous dites.
La difficulté, voir l’impossibilité de mesurer le caractère inéquitable
des gains de l’échange dans une situation donnée ne signifie pas que
l’échange soit équitable. Et encore une fois, je ne peux que rire devant
vos tentatives incessantes d’étiqueter comme « marxiste » celui qui
affirme cela.
On peut tout de même considérer que le surplus de l’échange est une
bonne évaluation du gain de l’échange. Exemple concret : Georges
vend à Hervé un détecteur de collectiviste. Georges est prêt à laisser
partir le détecteur pour un prix de 5 euros minimum. Hervé est prêt Ã
l’acheter pour un prix de 18 euros maximum. En bon négociant, ils
discutent du prix ensemble (chacun se gardant bien de révéler Ã
l’autre ses prix limites) et finissent par s’entendre sur le prix de 8
euros. Surplus d’Hervé = 10 Surplus de Georges = 3
Georges et Hervé ont retirer un gain équitable de l’échange puisque
chacun en retire la proportion de sa singularité d’être humain. LOL, je
blague.
Hervé a retirer de l’échange un gain supérieur à celui de Georges.
L’idée d’un commerce équitable n’implique rien de plus qu’une
répartition plus équitable des gains de l’échange. C’est tout. En quoi
est criminel ou socialocommuniste ?
« L’idée d’un commerce équitable n’implique rien de plus qu’une
répartition plus équitable des gains de l’échange. »
Mais quand est-ce que vous allez comprendre que ces gains ne sont pas mesurables et que l’idée de réduire la notion de gain à un concept comptable de flux financiers est précisément ce qui constitue le fondement et le point de départ de la théorie marxiste telle qu’elle est exposée dans Le Capital (que vous ne lirez jamais, évidemment. Comme ça, vous pourrez toujours prétendre que vous n’êtes pas marxiste)? Théorie qui, puisqu’elle implique des contradictions, est donc fausse ?
Cher pleutre rieur,
tout le problème vient du fait que la seule égalité possible (dans le contexte du commerce comme tout contexte où il existe des interactions sociales), la seule « équité », est l’égalité des droits.
C’est l’égalité des droits que demandent les libéraux et rien d’autre.
Si vous cherchez à définir autrement l’équité et que vous prétendez égaliser les « conditions », les « chances », les « profits », etc, vous vous condamnez à des séries de contradictions sans fin. Car la valeur est subjective.
Comprenez cette phrase (je veux dire: acceptez de la comprendre) et vous comprendrez tout: la valeur est subjective
Vous êtes réellement comique avec cette obscession marxiste !
Comment pouvez-vous affirmer qu’un raisonnement qui repose
fondamentalement sur l’idée de subjectivité de la valeur soit marxiste
?!
lol !
Justement, mon raisonnement précédent repose sur la subjectivité de
la valeur.
(j’ai posté ma réponse précédente avant d’avoir lu votre deuxieme
post)
« Justement, mon raisonnement précédent repose sur la subjectivité de
la valeur. »
Si la valeur est subjective, à quoi correspond l’idée de vouloir « égaliser » les profits/rémunérations/gains… etc ?
La subjectivité de la valeur apparait dans le niveau différent du prix de
réserve de Georges et du prix plafond d’Hervé. Cette différence est le
surplus de l’échange. La répartition de ce surplus entre les deux
coéchangistes détermine le caractère plus ou moins équitable de
l’échange. Je n’ai fait appel à aucun concept marxiste.
Il faut faire des sondages dans la tête des gens pour savoir quelle « prix de réserve » ou « prix maximum » est prêt à mettre quelqu’un et donc décider quel est le prix « socialement juste » ou « équitable » ?
Le seul prix juste c’est celui sur lequel les participants s’entendent librement. Dans le cas du « commerce équitable », les prix aussi sont « justes » tant qu’il y a quelqu’un pour acheter les produits librement.
La réalité a des lois que l’être humain découvre progressivement.
Il y a des êtres humains qui se moquent d’une partie des lois de la réalité découvertes, au nombre de quoi se trouvent les lois du droit que sont la propriété, la responsabilité et l’échange-contrat qui sont liées. Ces êtres humains sont marxistes, socialo-communistes de tout poil dans le meilleur des cas, « obtus » dans le pire (et j’ai l’impression que l’intervenant mélange les deux qualifications …).
Ils peuvent le faire un temps primo car, à la différence des lois de la physique (comme, pour rester simple, la loi de la chute des corps de Newton ou la loi d’Archimède) qui les pénalisent instantanément, les lois du droit les pénalisent à terme.
Ils peuvent le faire un temps secundo car, en vertu de leur non respect des lois du droit, principe de départ malgré l’étendard des « droits de l’homme » qu’ils agitent, ils agressent sans regret ceux qui ont respecté les lois du droit (et par exemple amasser des propriétés dont ils revendiquent la responsabilité). Sans capital amassé jusqu’à 1917 (dont des dettes), il n’y aurait jamais eu d’URSS. Quand le capital a disparu,grevé par les coûts, elle a d’ailleurs disparu.
Je devrais dire « ils pouvaient le faire » car l’information des gens n’existaient pas comme elles existent.
Mais aujourd’hui, c’est terminé. A nous d’informer.
Hervé, vous perdez votre temps à répondre à « La subjectivité de la valeur apparait dans le niveau différent du prix de réserve de Georges et du prix plafond d’Hervé. Cette différence est le surplus de l’échange. La répartition de ce surplus entre les deux coéchangistes détermine le caractère plus ou moins équitable de l’échange. Je n’ai fait appel à aucun concept marxiste ».
La valeur objective est marxiste, prix de réserve, prix plafond et surplus sont des anti-concepts, quant à la répartition !
Il y a (anti)-concept marxiste dès lors qu’il ne procède pas de la propriété, de la responsabilité et de l’échange-contrat.
Je savais déjà que vous étiez un courageux résistant au sein de
l’université. Mais là , j’admire votre courage. Postez cela sans pseudo,
il faut en avoir !
J’ajoute, tout en fermant le tag que je ne pense jamais à fermer, que
ceux qui souhaite en savoir plus sur l’idée de surplus du
consommateur peuvent lire ce lien :
http://www.digitaleconomist.com/cs_4010.html
Ca peut toujours contribuer à la formation de jeunes esprits qui ne
passeront pas leur agregation d’économie cette année !
Permettez moi de recentrer le débat au lieu de vous chicaner. On parle dans les dernières interventions de droits de l’homme, d’URSS, de marxisme et de socialocommunisme mais la question est ‘qu’est ce que le commerce équitable?’. Pour moi, c’est une forme comme une autre de commerce libre.
La valeur est effectivement subjective : lorsque j’achète mon café dans un commerce équitable, le surplus que je paye par rapport au prix du marché n’est pas un don charitable que je fais à un habitant du Sud : je m’achète l’assurance que l’agriculteur africain qui a planté ce café mangera à sa faim. Certains diront que je m’achète une bonne conscience, mais peu importe j’achète quelquechose qui a une valeur pour moi. Il me satisfait plus d’acheter 1kg de café équitable plutot que 1kg de café normal + l’argent qu’il me resterait. Je fais le même raisonnement pour les entreprises qui respectent l’environnement : je suis prêt à payer plus pour un produit dont la fabrication n’a pas pollué l’environnement.
Je ne vois pas l’idée marxiste dans ce choix libre, je ne tente pas de controler le commerce en réclamant que tout le monde fasse comme moi, ou en demandant à l’Etat d’interdire les autres forme de commerce. Je fais un choix d’homme libre, je ne recherche que mon intérêt personnel. Et si un jour, nombreux sont ceux qui pensent et consomment comme moi, alors les entreprises seront contraintes pour vendre et survivre, de se conformer à nos désirs agrégés. Les plus faibles sur cette dimension seront éliminés etc.
C’est ce qui s’est passé dans les cosmétiques : à une époque, plusieurs marques testaient leurs produits sur des animaux. Les consommateurs informés trouvèrent cela inacceptable et délaissèrent peu à peu ses marques au profit de marques ‘propres’ (qui ne testent pas sur les animaux). Le mouvement fit boule de neige et aujourd’hui aucune marque ne teste plus ses produits sur des animaux…
Acheter de l’ « équitable » est évidemment un acte d’échange libre, qui fait partie du processus de marché, etc. Mais ce n’est pas pour autant que l’idée sous-jacente n’est pas marxiste. Dans ce cas, c’est une idée fausse (l’idée qu’un échange libre n’est pas équitable et que la valeur est objective) qui fait le succès de ce concept. C’est parceque les gens croient que le commerce équitable est plus utile au développement des pays du tiers-monde que le commerce « normal », qu’ils veulent y prendre part. Le jour où on a compris que c’était faux, parceque ça incite au contraire ces pays à en rester à l’artisanat, on cesse d’y prendre part.
Or c’est aussi une caractéristique du libre marché d’éliminer, à terme, les fausses informations et les faux concepts. Cela me fait dire que le concept de « commerce équitable » finira par disparaître, à moins, et c’est ce que je crains, qu’il soit soutenu de force par les gouvernements. Ce qui hélas, risque bien d’arriver un jour ou l’autre. C’est toujours ce qui se passe le jour ou les marxistes (justement) constatent que leurs faux concepts sont en perte de vitesse: ils décident alors d’utiliser la force (quand la ruse ne suffit plus).
Le marché est d’abord et avant tout un processus de découverte.
Cher MM
Votre propos
« C’est toujours ce qui se passe le jour ou les marxistes (justement) constatent que leurs faux concepts sont en perte de vitesse: ils décident alors d’utiliser la force (quand la ruse ne suffit plus). »
est trés important.
S’étant placés dans le non droit, les constructivistes (marxistes ou autres) ont deux démarches :
– la force (le cas échéant de la ruse) ou
– la ruse, la malice (le cas échéant de la force).
J. Rueff dénommait en 1976 J.M. Keynes le « magicien de Cambridge ». La théorie macroéconomique officielle tient dans le meilleur des cas de la magie (hier, on aurait parlé d’alchimie).
Mais rappelez-vous Bastiat :
« L’épée que la malice met aux mains des assaillants serait impuissante si le sophisme ne brisait la bouclier aux bras des assaillis ».
Et pire que la ruse est le sophisme et le pire des sophismes est le mot :
« Quelquefois le sophisme se dilate, pénètre tout le tissu d’une longue et lourde théorie. Plus souvent il se comprime, il se resserre, il se fait principe, et se cache tout entier dans un mot »
Plus que le mot seul, le double mot est, un temps, la bombe atomique – en tant qu’arme dissuasive – des constructivistes (marxistes ou non).
Mais quand il a fait long feu, quand ils s’en sont lassés à la veille d’une élection par exemple, ils n’hésitent pas à en changer, sans mémoire qu’ils sont et qu’ils veulent que les autres soient. Ou bien ils les font tourner et cela donne depuis le XIXè siècle le manège suivant :
– intérêt général
– utilité publique
– instruction publique
– éducation nationale
– sécurité sociale
– société nationale
– protection sociale
– justice sociale
– échange inégal
– utilité collective
– droits sociaux
– acquis sociaux
– solidarité sociale
– solidarité intergénérationnelle
– risques sociaux
– égalité des chances
– principe de précaution
– commerce équitable.
Dernière grande nouveauté, la façon de parler qui consiste à dire que telle ou telle chose « a vocation à … »
Sans oublier bien sûr :
– inégalités sociales
– développement durable
Mais je serai présomptueux de vouloir être exhaustif tant les « altermondialistes », c’est-à -dire les constructivistes de tous poils marxistes ou autres ripolinés depuis la disparition de l’URSS en connivence avec les médiatiques officiels, en ont dans leurs besaces imaginatives.
A chacun de ne pas être dupe.
Comme démontré plus haut, votre affirmation est fausse.
Lol! Un libertarien qui prétend prêcher la norme ! Cela dit tu as raison
sur ce point.
Cher Pleutre,
êtes-vous l’anonyme ou le rieur ? Le choix d’un pseudo serait opportun. Je tiens que vous êtes le rieur.
Je constate que vous me vouloyez quand vous jugez que j’ai tord et que vous me tutoyez dans le cas invers. C’est amusant. A votre guise, c’est sans importance.
Reprenons.
» (l’idée qu’un échange libre n’est pas équitable et que la
valeur est objective) qui fait le succès de ce concept.
Comme démontré plus haut, votre affirmation est fausse.
»
Vous faites référence à votre lien (http://www.digitaleconomist.com/cs_4010.html) ?
Je l’ai parcouru avec intérêt, mais mon niveau d’anglais ne me permet pas de le comprendre réellement. La maîtrise insuffisante de cette langue est une grave lacune, qui d’ailleurs explique partiellement pourquoi je n’ai pas déserté la France depuis longtemps. Mais à mon âge (comme disait mon grand-Père), il est difficile d’apprendre une langue tout seul dans son coin. Auriez-vous donc l’obligeance de faire un résumé en Français ?
En attendant, je continue à soutenir mordicus que l’échange libre est nécessairement équitable, dans le seul sens que l’on puisse donner au mot « équitable » dans ce contexte: respectueux du droit pour les deux parties.
« Lol! Un libertarien qui prétend prêcher la norme ! Cela dit tu as raison
sur ce point. »
Heureux que tu le reconnaisses. Mais si tu es étonné qu’un libertarien puisse « prêcher » une norme, c’est que, sauf votre respect, tu n’as pas compris grand chose au terme « libertarien », justement. Bien sûr, il y a toutes sortes de libertariens, n’est-ce pas. Mais s’il y a bien quelque chose sur quoi ils s’accordent, c’est bien sur la norme de droit: le NAP (Non Agression Principal).
Ta réflexion prouve d’ailleurs une chose. C’est qu’il faut que tu te renseignes pour commencer sur les idées que tu veux critiquer, sinon tu passes à côté de la plaque.
http://isil.org/resources/introduction-french.swf
A vous (te) lire.
Si vous connaissez un petit peu le site de vente au enchère ebay, voilÃ
un moyen didactique de comprendre :
Considérons d’abord l’individu qui vend un bien. Celui-ci est amené Ã
indiquer son prix de réserve, c’est à dire le prix minimum auquel il est
prêt à laisser partir le bien. Ce prix est enregistrer par ebay, mais
n’est à aucun moment révéler aux acheteurs potentiels. Tant que ce
prix n’est pas atteint par l’enchère, la vente ne sera pas conclue.
Considérons maintenant un individu qui souhaite se porter acquéreur
du bien. Celui-ci est amené à indiquer son prix de réserve, c’est à dire
le montant le plus élevé qu’il est prêt à proposer pour l’enchère. Ce
montant n’est jamais révélé au vendeur ou autres participants, mais
ebay l’utilise pour encherir automatiquement jusqu’au prix de
réservation indiqué (par petit palier, de 5 euros par exemple).
Ce que je viens de décrire se passe donc quotidiennement dans la
vraie vie, sur ebay. (Précisons à l’intention de Georges Lane que les
individus qui se connectent sur ebay accordent tous une valeur aux
objets selon leurs propre préférence !)
Voilà . Pourquoi avoir choisi cet exemple ? Ce qui est intéressant, c’est
que sur ebay, les individus sont amener à révéler leur préférence (ils
ne les révèlent qu’à l’ordinateur en fait, ceci expliquant cela)
Quoi qu’il arrive, la vente profitera à chacune des deux parties,
puisque le prix de vente se trouvera entre le prix de réserve et le prix
de réservation des deux parties.
Maintenant, prenons un exemple chiffré :
Supposons que la vente soit conclue entre un vendeur dont le prix de
réserve est 100 et un acheteur dont le prix de réservation est 500.
L’échange est-il plus équitable si :
– le prix de vente est de 150
– le prix de vente est de 300 ?
Vous pouvez aisément comprendre qu’il est plus équitable lorsque le
prix de vente est de 300. Le surplus (ie: la différence entre les prix de
réservation/réserve et le prix de vente) de chacun est ici identique.
Qu’est ce que le commerce équitable ? Sur ebay, dans ce cas précis,
c’est enchérir pour 300, alors que l’on aurait remporter l’enchère Ã
150. Le principe de non agression n’a pas été violé. CQFD
Vous objecterez que dans la vraie vie, les préférences ne sont pas
révélées comme elles le sont sur ebay. C’est vrai. Pour autant, cela
n’enlève rien à la véracité du concept. Les préférences, bien que non
révélées, existent.
Une coquille s’est glissée dans mon exemple 1. L’acquéreur révèle un
prix de réservation, et non un prix de réserve.
« vous pouvez aisément comprendre qu’il est plus équitable lorsque le prix de vente est de 300. »
équitable pourquoi ? parce que ca correspond à la moyenne et que t’as décrété que la moyenne c’est bien ou alors parce que les individus sont capables librement d’interagir pour déterminer a partir de quand ils veulent acheter et a partir de quand ils veulent vendre ? T’as vraiment une vision limitée du business pauvre pleutre !
Le cas de ebay est révélateur de rien du tout, juste du fait que les individus ont agréé à un système de vente qui pose certaines conditions. Pour être plus juste, t’aurais du prendre les brocantes… là c’est du live et chacun y trouve son compte, ceux qui n’y trouvent pas leur compte sont ceux qui n’ont pas conclu de transaction !
Mais a pour seulement comprendre que le commerce équitable ne fait que pourrir le marché tout comme l’état est le plus grand pourvoyeur de ces idées magnifiques (par exemple quand l’état demande aux opérateurs téléphoniques de baisser leurs prix de SMS sinon il va sévir)… Bref, l’état s’insère encore une fois dans la sphère privée: qu’il aille en enfer !
lol ! Votre réaction témoigne d’un conditionnement qui, un peu à la
façon de Georges Lane, vous fait répondre en plein dans le mil du
hors sujet !!
Que vient donc faire l’état ici ?
Par ailleurs vous êtes incapable de raisonner. Vous confondez le
concret et le réel : la brocante procède du même mécanisme.